Clemenceau - Une plainte pour "pollution de la rade"

Une association écologiste devait porter plainte lundi pour pollution de la rade de Brest, après que la coque du navire a été grattée pour la nettoyer. L'association affirme que les déchets tombés au fond de l'eau sont polluants.

Visiblement, les péripéties de l'ex-porte-avions Clemenceau ne s'arrêteront pas en 2009. L'association brestoise AE2D (Agir pour l'environnement et le développement durable) devait déposer lundi une plainte auprès du tribunal pour "pollution de la rade" après le grattage de la coque, a révèlé Le Parisien dans son édition de lundi.

Ce nettoyage a été exigé le mois dernier par les autorités britanniques avant que le Q790 ne rejoigne le port de Hartlepool, où il doit être démantelé par la société Able UK. Des parasites avaient en effet été découverts sur la coque du navire. "Une algue asiatique, la laminaria japonica, et un mollusque originaire d'Amérique du nord, la crépidule, ont été découverts sur le fond de la coque, avait expliqué à l'époque à l'Afp le capitaine Jerry Drewitt, responsable des ports de Tees et Hartlepool. Comme ces deux espèces ne sont pas présentes au Royaume-Uni à l'heure actuelle, l'Agence de l'environnement a dit que la coque devait être nettoyée avant que le navire puisse venir ici".

 


Le porte-avions Clemenceau lors de son rapatriement à Brest. Crédit Photo : AP

"Alors que personne ne peut traiter la coque de son bateau sans passer par des carénages à terre pour éviter la pollution de la rade, la marine a envoyé des plongeurs gratter les vieilles peintures sous l'eau", argumente dans les colonnes du Parisien Roger Abiven, coprésident d'AE2D. Les déchets rouillés et la peinture hautement polluante sont du coup retombés avec les algues sur le fond marin qu'ils altéreront pour des dizaines d'années".

Départ fin janvier ?
Contacté par le LCI.fr, le ministère de la Défense déclare "avoir pris acte du dépôt de cette plainte". "C'est le droit de cette association de saisir la justice, dont nous attendrons qu'elle rende sa décision", explique-t-on, en précisant que les parasites n'ont pas été amenés par le Clémenceau à la suite de son périple en Inde mais qu'ils viennent de la baie bretonne. "Le volume estimé des crépidules en rade de Brest est de 127 000 tonnes", précise-t-on.

Quant aux opérations de "grattage" de la coque, le ministère précise que ce n'est pas la peinture du Q790 qui a été grattée mais uniquement "les parasites posés dessus et qui, venus du fond de l'eau, ont été renvoyés au fond de l'eau". Si le ministère reconnaît qu'il y a "forcément" un peu de peinture qui a du être enlevée lors cette opération intervenue la première semaine de janvier, elle précise que "des prélèvements ont été faits dans la rade juste avant, et que d'autres doivent être effectués mercredi prochain pour comparaison. Nous agissons dans la transparence". Interrogé sur les raisons pour lesquelles le Q790 n'avait pas été mis sur cale pour cette opération, le ministère répond qu'"il n'existe pas à Brest de cale permettant de recevoir le Clemenceau".

La coque Q790 est reléguée au fond de la base militaire de Brest depuis plus de deux ans, après un périple de 18.000 km en 2005 et 2006 entre Toulon, l'Inde où il devait être initialement démantelé, puis la Bretagne, sur fond de polémique autour de la présence d'amiante à son bord. La société Able UK a été retenue en juillet 2008 par le ministère français de la Défense pour démanteler le navire dans son chantier de Hartlepool. Le navire, dont le transfert était initialement prévu en juillet 2008, puis en septembre, puis en décembre, devrait finalement partir autour du 25 janvier. Sauf nouveau rebondissement...

Alexandra GUILLET
LCI - 12/01/2009

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