Le Clemenceau quitte Brest pour l'Angleterre

La préfecture maritime de Brest a annoncé que l'ex-porte-avions Clémenceau quittera le port militaire de Brest mardi en fin de matinée pour être démantelé à Hartlepool, en Angleterre.

La coque Q790 --le nom officiel de l'ancien fleuron de la marine française-- devrait quitter son quai d'amarrage vers 11 heures avant d'être transféré en rade de Brest par les moyens nautiques de la base navale.
Il sera ensuite remis au remorqueur océanique Anglian Earl qui le remorquera jusqu'à Hartlepool, au nord-est de l'Anglerterre, où il doit être démantelé par la chantier Able UK. Ce démantèlement est devenu possible après l'opération de grattage de la partie immergée de la coque, où se trouvait une algue et un mollusque indésirables Outre-Manche.
Le recours en référé d'une association brestoise de défense de l'environnement opposée au départ de l'ex-Clemenceau a été rejeté lundi par le tribunal administratif de Rennes, levant le dernier obstacle à son départ.

Démantèlement maintes fois repoussé
L'ex-porte-avions Clemenceau a connu maintes tribulations depuis son désarmement en 1997, après 36 ans de service actif. En octobre 2003, le navire quitte Toulon pour l'Espagne, où il doit être désamianté et démantelé. Premier échec : la Marine résilie le contrat, après avoir constaté que l'ex-«Clem» est dirigé vers la Turquie et non vers l'Espagne.
En décembre 2005, c'est la justice qui donne le feu vert au départ du bateau qui appareille le lendemain vers l'Inde, sous les protestations des associations écologistes qui s'inquiètent de l'amiante restant à bord. Selon des expertises qu'elles ont commanditées, il reste encore 500 à 1.000 tonnes d'amiante et matériaux amiantés.
Le 6 janvier 2006, une commission de la Cour suprême indienne émet un avis défavorable au désamiantage et au démantèlement du navire en Inde. Le 12 janvier, l'Egypte refuse l'accès du canal au navire qui reste bloqué dix jours.
Jacques Chirac réclame alors une «coopération internationale» et des «filières de démantèlement» pour les navires en fin de vie. Le 7 mai 2006, le Clémenceau arrive à Brest et Michèle Alliot-Marie annonce qu'il n'y restera pas au delà de l'été 2008. Les autorités françaises lancent un appel d'offre pour le démantèlement de la coque, auquel seuls les chantiers européens peuvent participer. Il sera finalement confié à la société britannique Able UK ltd, en 2008, malgré l'opposition d'associations anlgaises et bretonnes.

Le Parisien Aujourd'hui en France - 03/02/2009

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