Les associations font bloc derrière Eau et Rivières

Ecœurées par les récents actes de vandalisme et les menaces attribués aux agriculteurs (notre édition d’hier), les associations bretonnes de protection de l’environnement (*) ont fait bloc, hier, à Brest, derrière Eau et Rivières. Elles dénoncent la «démagogie» de la FDSEA mais aussi l’attentisme de l’Etat.

Réunies, hier à Brest, à la suite du saccage des locaux d’Eau et Rivières, la veille à Brest, les associations bretonnes de défense de l’environnement ont dénoncé la « démagogie » d’un syndicat agricole et l’attentisme de l’Etat.

«Nous avons un rôle d’alerte, qui n’est certes pas agréable. Mais nous n’avons jamais souhaité que la France soit condamnée par l’Europe. Nous demandions des actions fortes sur les bassins-versants». Les associations de défense de l’environnement ont, d’une même voix, dénoncé la «piètre stratégie du bouc émissaire» entretenue, selon elles, par la FDSEA. Toutes pourfendent la ligne du syndicat agricole : «Si des mesures fortes n’ont pas été prises pendant 15 ans, c’est parce que ce syndicat s’y est opposé. Rejeter la faute sur les associations est une escroquerie intellectuelle insupportable. Certains leaders sont très forts en désinformation».

Nous allons voir si l’Etat va capituler ou tenir bon»
L’Etat n’est pas épargné. «Ces fermetures de captage par le préfet de Région auraient dû être prises il y a cinq ans. Elles sont insupportables pour tout le monde». Elles attendent une position ferme face aux nouvelles exactions : «La violence et l’intimidation sont là. Nous allons voir si l’Etat va capituler ou tenir bon. Depuis 20 ans, il parie sur le court terme. Et aujourd’hui, ça coince».

«La violence discrédite une partie des agriculteurs»
Les incitations à une agriculture plus raisonnée, comme les CTE (contrats territoriaux d’exploitation) ont été, selon elles, sacrifiées sur l’autel de l’attentisme politique.
«Cette agriculture existe pourtant. On doit lui donner des moyens». Toutes insistent sur le fait qu’elles font la différence entre «le modèle dominant qui va dans le mur et ceux qui font des efforts. Tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac». Ces violences déconsidèrent selon elles «la partie des agriculteurs qui fait des efforts dans un contexte difficile».

Silence des élus inacceptable
Les porte-parole de l’APPMA en ont profité pour redire leur refus catégorique d’un captage permanent sur l’Horn. «Cette interconnexion nous a été présentée comme une sécurité. Elle est en amont de Landivisiau. C’est 100 litres à la seconde qui seraient prélevés, diminuant d’autant les capacités de dilution de l’Elorn. On tuerait l’Elorn». Toutes s’étonnent enfin du «silence radio» de la préfecture et des élus. «Leur silence de mort est absolument inacceptable». Elles déclinent l’invitation au débat prévu avec les agriculteurs, aujourd’hui, à Plouvorn. «Nous ne discutons pas sous la menace et l’intimidation. Nous attendons un geste fort des syndicats. On ne peut pas souffler sur les braises et s’étonner quand quelqu’un dérape !».

(*) La CLCV, S EAU S, Collectif Eau Pure, AE2D, Bretagne Vivante, «De la source à la mer», UFC Que choisir, AAPPMA et le collectif Cohérence, qui fédèrent 100 associations bretonnes, étaient représentées.

Thierry Charpentier
Le Télégramme -  01/03/2007

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