L'opacité du démantèlement inquiète


Centrale nucléaire Plus de transparence dans le démantèlement de la centrale nucléaire : telle était la principale revendication des soixante personnes rassemblées hier à Brennilis à l'appel de l'association pour l'environnement et le développement durable (AE2D) et l'association bretonne randonnée et itinéraire (ABRI) nucléaire. L'AE2D et l'ABRI souhaitaient mener une « action symbolique » devant la centrale de Brennilis, hier en se réunissant 20 ans après la manifestation anti-nucléaire de Plogoff. « Nous réclamons plus de transparence et de citoyenneté en ce qui concerne la déconstruction de la centrale de Brennilis », proclame Roger Abiven (AE2D). « Cette centrale n'a fourni en 18 ans que 4 % des besoins bretons en électricité », rappelle Christian Bucher de l'AE2D, « et elle nous coûte déjà 290 MF alors que nous ne sommes qu'à la moitié du programme de déconstruction. Ce site, poursuit-il, est le premier à être démanteler entièrement. Soyons donc vigilant aujourd'hui pour l'avenir ». Les revendications de ces associations sont largement reprises par les manifestants présents. Ainsi, Georges Cadoudal, sonneur et habitant de Brennilis depuis 32 ans, se plaint du manque de communication des responsables des opérations à la centrale. Il s'était déjà mobilisé il y a 20 ans contre le projet de centrale à Plogoff et il espère que le démantèlement de la centrale, même s'il doit prendre plus de temps que prévu, se fera complètement et sans danger. « Sortir du nucléaire » Patrick Créac'h, qui se définit comme « un militant anti-nucléaire hors associations », explique que « lorsqu'on voit le coût en temps et en argent de la déconstruction de cette petite centrale, on imagine ce que ce sera lorsqu'on s'occupera des plus grosses ». Il est favorable à « l'exploration d'autres voies comme les économies d'énergie ou les énergies renouvelables ». Autant de revendications dont AE2D et ABRI se font l'écho en tant que membres du réseau national « Sortir du nucléaire » qui regroupe 300 associations. Le non-renouvellement du parc nucléaire, l'arrêt des projets d'enfouissement des déchets radioactifs sont en effet autant d'exigences qui figurent dans la charte du réseau lue aux manifestants en français par Rozenn Lesguer de l'ABRI, et partiellement en breton par Roger Abiven. Des exigences jugées d'autant plus plaidables que l'Allemagne dont l'aide était attendue afin de soutenir les projets de nouvelles centrales encore plus grosses et puissantes a annoncé son retrait du nucléaire. Erwan Lemoine «Nucléaire ? Non merci» : la pancarte brandie par les manifestants est en adéquation avec les revendications du collectif «Sortir du nucléaire».

Le Télégramme - 05/07/1999

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