Vallée du Costour. Découverte et débat

Aux portes de Brest, la vallée du Costour est menacée d’urbanisation. Une marche de découverte et de sensibilisation était, hier, organisée sur le site.

En amont de l’éco-randonnée, Eric Basquin est le porte-voix à la bouche. Inconditionnel des charmes naturels de la vallée du Costour, il dévoile quelques pans de ses richesses. Trois cents marcheurs et vététistes sont à l’écoute. Il est 15 h, le soleil brille encore. « Nous ne sommes pas contre l’urbanisation des alentours du site - on parle de la création de 3.000 logements - mais nous voulons que cela se fasse en respectant sa biodiversité », appuie, un ton plus bas, Alain Le Suavet. Il est le coprésident de AE2D, l’association organisatrice de ce rassemblement inscrit dans le cadre de la semaine du développement durable.

Le porte-voix à la bouche, Eric Basquin, inconditionnel des charmes naturels de la vallée du Costour, guide les quelque 300 marcheurs et cyclotouristes.

Riverains et vététistes font entendre leurs voix
Fondue dans la masse des promeneurs, il y a aussi Nicole, que l’on intercepte. Elle est membre de Bretagne Vivante et sensible, donc, à tout ce qui concerne l’écologie.
Ici et ailleurs. D’autres, en revanche, comme Nathalie et Julie, participent en voisines à cette randonnée qu’elles veulent symbolique. La préservation du site de la vallée du Costour est bien au cœur de leurs préoccupations. « Nous habitons sur l’allée de Candy et nous sommes intéressés par l’avenir de ce bois. C’est une des rares surfaces vertes existantes dans cette zone. Nous voulons qu’elle soit préservée et qu’elle ne reste pas forcément en l’état. Qu’elle soit reboisée. Que soit rétabli ce que la création de canalisations a détruit. À son tour, Bernard Costiou, président du Groupe cycliste kerhuonnais et membre de la commission VTT de la FSGT, entre dans le débat. Lui et les jeunes qu’il encadre ne sont pas non plus là par hasard. Régulièrement, ils s’entraînent ici. « En étant présents, aujourd'hui’hui, nous tenons à afficher une attitude responsable. Nous aussi nous sommes à 100 % pour le développement durable. Mais nous craignons que la vallée du Costour ne devienne un sanctuaire réservé aux marcheurs. Récemment, nous avons pris contact avec le conseil général. L’accès à la plupart des sites qu’il gère, comme le vallon du Stangalar ou le bois de Kéroual, nous sont désormais interdits. Le conseil général soutient les athlètes sélectionnés pour les jeux Olympiques. Or, nos jeunes ne pourront jamais y accéder s’ils n’ont plus de terrains pour s’entraîner. Nous sommes ouverts à la discussion et nous exigeons même d’y participer ». Il est 16 h. Les giboulées d’avril ont succédé au soleil. Elles pressent les deux roues de s’élancer pour la randonnée. Juste avant que ne tombe la neige.

K.J.
Le Télégramme -  07/04/2008

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