Nucléaire : un nouveau réacteur «coûteux, inutile, dangereux»

Hier, une vingtaine de personnes a manifesté devant l'hôtel des impôts contre l'installation du réacteur nucléaire nouvelle génération EPR en Basse-Normandie. Dénonçant la «nucléarisation» à outrance de la France, ces contribuables ont adressé un chèque factice de trois milliards trois cent millions d'euros (coût du projet EPR) à la «banque des énergies renouvelables» qu'ils appellent de leurs vœux.

La manifestation d'hier, à Brest, n'était pas un cas isolé. Un rassemblement identique avait lieu dans 45 autres villes françaises (dont Rennes). Son initiateur, le collectif national «Stop EPR», avait reçu, à Brest, le support du réseau «Sortir du Nucléaire», qui regroupe les Verts, la coopérative Kerbio, Bretagne Vivante, AE2D, Greenpeace, ainsi que des particuliers.

«Nous produisons déjà trop d'électricité »
Le groupe de manifestants s'était donné rendez-vous, hier après-midi, devant l'hôtel des impôts. Avec Christian Bucher, porte-parole des Verts, en tête, ils ont fustigé les choix énergétiques du gouvernement. «Avec le projet EPR, nous repartons sur une nucléarisation de la France pour les 60 ans à venir». Selon eux, ce réacteur dernière génération serait « d'abord inutile : nous produisons trop d'électricité en France; à preuve, nous en exportons». Il serait ensuite dangereux : «C'est une évolution des réacteurs actuels. Il n'est pas à l'abri d'accidents ou d'attentats», continue Christian Bucher, rappelant que ce réacteur résisterait à l'impact d'un avion de tourisme mais pas au crash d'un Boeing par exemple.
 

Une vingtaine de membres de « Sortir du Nucléaire » ont symboliquement manifesté devant l’hôtel des impôts, puis devant l’agence EDF de la rue d’Aiguillon contre le réacteur EPR, prévu pour 2009 à Flamanville (50).

«Et la question des déchets nucléaires ?»
Il serait enfin dispendieux : «Son coût est de trois milliards trois cent millions. Avec cette somme, en équivalent énergie renouvelable, notre pays pourrait produire deux fois plus d'électricité, en créant quinze fois plus d'emplois». Roger Abiven, porte-parole de l'association AE2D (Agir pour l'environnement et le développement durable), renchérit : «EDF déploie une grande habileté dans la publicité, en faisant valoir que son projet engendrera moins de gaz à effet de serre. C'est vrai mais pourquoi passe-t-il sous silence la question des déchets nucléaires ? C'est malhonnête de diffuser ce message-là, sans aller plus loin».
T.C.

« C'est une question de choix politique »


Le réacteur EPR devrait être opérationnel à la centrale de Flamanville en 2009. Il génèrera un couloir de lignes à très haute tension de 150 km qui partira de l'EPR pour relier la Basse-Normandie, l'Orne, la Mayenne, et une partie de l'Ille-et-Vilaine. « Absurde, dénonce le collectif. Les centaines de pylônes défigureront le paysage. Toutes les lignes à très haute tension émettent des rayonnements électromagnétiques qui exposent les populations et les élevages à des risques sanitaires graves. Il eut mieux valu décentraliser et affecter les trois milliards trois cent millions aux énergies renouvelables. Nous avons déjà raté le coche des éoliennes, même s'il y en a près de 60 aujourd'hui et bientôt une centaine en Finistère. L'hydrolien, la méthanisation, la géothermie... Les moyens existent. C'est une question de choix politique. L'Allemagne, elle, a fait le choix de tourner le dos au nucléaire. Les Allemands ne vivront pas moins bien que nous ». Un rassemblement est prévu à Rennes le 17 mars « pour peser sur la campagne présidentielle ».

Le Télégramme -  14/01/2007

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