Ex-Clemenceau. Les Brestois contre-attaquent

La cour d’appel de Londres vient de lever l’obstacle juridique empêchant l’arrivée de l’ex-Clemenceau à Hartlepool, dans le nord-est de l’Angleterre. Mais ce feu vert s’apprête à passer au rouge vif du côté de Brest.

L’association « Les amis d’Hartlepool » aura utilisé toutes ses cartouches. Sans résultat : déboutée en première instance, appel rejeté hier. La dérogation à la réglementation sur l’amiante accordée par l’organisme anglais chargé de la santé et de la sécurité des travailleurs est tout à fait valable, selon la justice britannique qui renvoie dans ses cordes la modeste association opposée « à l’arrivée d’un navire bourré d’amiante au sein de sa petite ville et de sa petite communauté ». Alors que les opposants anglais ont tenté de faire vaciller l’autorisation d’importation du navire, le relais est pris, côté brestois, par une association locale. Cette dernière a l’intention d’attaquer l’autorisation d’exportation de produits amiantés que s’apprête à délivrer la France.

 

Le terrain juridique s’est éclairci outre-Manche... Mais une association d’opposants brestois a aussitôt pris le relais.

« Nous utiliserons tous les moyens juridiques possibles pour empêcher le départ de la coque vers un chantier qui ne nous semble pas digne de confiance », argumentait, hier soir, Christian Bucher, l’un des porte-parole de l’association Agir pour l’environnement et le développement durable (AE2D). « Dès que la Marine communiquera son intention de faire appareiller le convoi, nous introduirons un recours en référé suspension auprès du tribunal administratif de Rennes », précisait M e David Rajjou, déjà affairé à la riposte.

Au mieux dans un mois
Dans combien de temps la coque serait-elle susceptible de rejoindre l’Angleterre ? Le chantier aimerait la réceptionner avant la fin novembre. Mais combien de temps faudra-t-il à l’administration britannique pour établir les documents qui déclencheront les autorisations côté français ? En cas de recours rejeté, l’association brestoise ne se privera pas d’aller en appel, les délais étant d’une semaine au maximum pour la première décision et jusqu’à trois à quatre semaines, en cas d’appel. Dans le meilleur des cas, on ne voit pas la coque quitter Brest avant un bon mois. À moins que la Justice française bloque le navire plus longtemps, en donnant raison à ceux qui estiment, par ailleurs, qu’une filière de déconstruction de navires militaires peut voir le jour à la pointe bretonne.

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme - Bretagne - 14/11/2008

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