Arrivée de 8.000 t de soja OGM : mobilisation des écologistes

L’arrivée, hier matin, au quai des minéraliers, du vraquier maltais Tonga a mobilisé une trentaine de manifestants qui, à l’appel des organisations écologistes, entendaient ainsi protester contre l’importation de graines de soja OGM. Devant l’entrée de l’usine Cargill, des banderoles demandaient l’arrêt des importations d’organismes génétiquement modifiés.

Julian Pondaven, représentant de Cohérence Développement durable, regroupant 108 associations en Bretagne et Pays de la Loire, et forte de près de 20.000 adhérents, et Gérard Bucher, représentant les Verts de Brest, rappelaient que les élus de la région Bretagne ont choisi de rejoindre le réseau des régions européennes non OGM.
 

Les représentants des associations écologistes ont tenté, en vain, d’être reçus par les responsables de Cargill et de la chambre de commerce et d’industrie. 

D’une province brésilienne opposée aux OGM
Ils mettaient également l’accent sur le fait que, si ce n’est pas la première fois que des OGM sont importés du Brésil par le port de Brest, c’est la première fois qu’ils proviennent de la province du Parana. Or celle-ci, opposée au soja OGM, a dû céder aux pressions du gouvernement fédéral brésilien. Pour expliquer les raisons de leur mécontentement, les protecteurs de l’environnement ont, sans succès, tenté d’obtenir un rendez-vous avec les responsables de Cargill et de la CCI. Même si le soja OGM ne représente qu’environ 20% de la cargaison transportée par le Tonga, les écologistes expliquent que l’autorisation récemment accordée à Cargill, par le préfet du Finistère, de doubler sa capacité de production ne fera qu’amplifier le phénomène. Ils mettent donc le doigt sur l’incohérence entre la décision des élus de la région Bretagne et celle du représentant de l’État dans le département.

Étiquetage lacunaire
Ils font aussi remarquer qu’alors que 78 % des consommateurs sont opposés aux OGM dans leurs assiettes, l’alimentation animale en contient. Or aucun étiquetage des viandes, œufs ou produits laitiers ne le précise. Ils incitent également à une réflexion sur les faiblesses de la production de cultures de produits protéinés en Bretagne. Une plus grande autonomie dans l’alimentation animale permettrait de réduire les importations. Les manifestants ont quitté les lieux à 11 h. Du côté de la direction de Cargill, on précise qu’un responsable de la direction générale était venu à Brest pour recevoir une délégation. Elle se tient prête à une telle rencontre et ne ferme pas la porte à la discussion.


Le Télégramme Brest - 16/05/2006

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