Trente ans de l’Amoco-Cadiz. Déchets toujours d’actualité

La date anniversaire de la catastrophe de l’Amoco-Cadiz a été marquée symboliquement par la pose d’une banderole au port, une zone où est stockée une partie des déchets.
Hier, tous les défenseurs de l’environnement et amoureux de la nature ont eu une pensée pour cette triste date du 16 mars 1978, en particulier les représentants des associations et les Verts du pays de Brest qui n’ont pas manqué d’organiser une petite manifestation symbolique. Ils se sont réunis au port, à deux pas du site de Cargill.

Plastiques en décomposition
Ils auraient d’ailleurs tout aussi bien se déplacer sur le site des dunes de Trémpan, par exemple. Car, si la catastrophe paraît déjà lointaine pour certains, des éléments inquiétants viennent rappeler que ses conséquences sont toujours d’actualité. Les travaux récents à proximité de la passerelle Ro-Ro, sur le site de construction du nouvel immeuble d’UAT, ont en effet mis à jour un conglomérat de terre polluée de fioul, de sable, de chaux et de bâches plastiques en décomposition.
« Ce sont les restes de l’une des zones de stockage des déchets », s’inquiètent Christian Bucher, porte-parole des Verts, et ses collègues, Marif Loussouarn et Michel Briand. À quelques pas de là, une énorme colline de terre souillée attend qu’on lui trouve une destination. Le quai des minéraliers, à quelques pas de là, laisse apparaître d’importantes irisations multicolores, parfois longues de 60 mètres, comme lors de chaque grande marée.

Argent bloqué
« Nous n’avons pas encore les résultats des études demandées à la Drire mais il est fort probable qu’il s’agit de résurgences des déchets qui avaient été stockés dans des fosses, puis traitées à la chaux et recouvertes de sable puis de bâches ». Trente ans après, le constat des écologistes est amer : « L’État n’a pas fait son travail », commente laconiquement Jean-Paul Hellequin, de Mor-Glaz. « C’est vrai que l’on a œuvré dans l’urgence à l’époque pour stocker mais les promesses n’ont pas été tenues par la suite. L’unité de dégazage a traité une infime quantité », rappelle Roger Abiven, de AE2D. « Trois millions d’euros ont été débloqués en 2000 pour aider à la disparition des déchets. Mais l’argent est resté bloqué on ne sait où, ce qui a d’ailleurs entraîné une plainte de l’association Robin des Bois », souligne Christian Bucher. « Le plus grave, c’est que si une autre catastrophe survenait avec un paquet de déchets, on ne saurait toujours pas qu’en faire », fulmine le représentant de Mor-Glaz.

Alain Coquil
Le Télégramme -  17/03/2008

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