Environnement : le comité de vigilance monte au créneau


A la suite de la réunion de la cellule de veille du site Cargill, le comité de vigilance pour la qualité de l'environnement de Brest Métropole Océane, composé de six associations de Saint-Marc et des environs du port de commerce, s'est réuni, à son tour, afin de rédiger un communiqué commun.
«La cellule de veille du site Cargill s'est réunie pour la première fois le 15 novembre 2006, à l'initiative de la municipalité. Cette cellule est composée de représentants de l'usine, de la ville de Brest, de l'Etat et des riverains, en l'occurrence six associations. Le but de cette cellule est de faire en sorte que, dans le respect des normes qui lui sont prescrites, l'usine fonctionne en éliminant à la source les nuisances que subissent les riverains (...). «Quand on entre dans le détail des différentes analyses qui se font ou qui devraient se faire sur le site ou autour du site, nous ne pouvons qu'être sceptiques quant aux informations fournies, celles-ci relevant de la compétence de spécialistes. Ainsi la transparence affichée est sujette à caution. «Les résultats annoncés à la suite de la mise en place d'un nouveau four au cours de l'été font apparaître une baisse de la consommation d'hexane et de gaz. Mais ils ne portent que sur deux mois, septembre et octobre. Sans les remettre en cause, nous en attendons confirmation sur une plus longue période.

Bruit, odeurs, poussières...
«Le tonnage annuel estimé pour 2006 (620.000 tonnes) n'est, à notre avis, pas à prendre pour de l'argent comptant : quand un accord est donné par la préfecture pour 900. 000 tonnes - accord de régularisation - nous avons du mal à imaginer que l'entreprise n'utilisera pas cette possibilité, alors qu'auparavant elle le faisait déjà de manière illicite». «Depuis l'été, quoi qu'en dise la direction générale Europe de Cargill, le bruit ou plutôt les bruits émis par l'usine n'ont fait que s'amplifier. Les représentants de l'Etat affirment qu'il est possible de remonter à la source des bruits et d'identifier les outils qui en sont à l'origine. Mais l'entreprise soutient le contraire : que devons-nous croire ? «Si la société Cargill estime avoir réduit les odeurs avec l'installation du nouveau four, nous pensons qu'elles sont bien plus importantes qu'auparavant. Si elles se font sentir dans la direction des vents, c'est bien qu'elles existent en permanence. «L'usine doit réduire les poussières rejetées dans l'atmosphère, mais nous mettons aussi en cause la responsabilité de la chambre de commerce et d'industrie de Brest pour la qualité de ses installations : le déchargement des navires entraîne, dans ce domaine, une pollution très forte à laquelle la CCI devra remédier ».

Une cellule de veille médicale envisagée
«Cargill a de gros progrès à faire en matière de traitement des eaux résiduelles, tout comme la CCI en matière d'évacuation des eaux pluviales. Toutes ces nuisances ne sont bien entendu pas sans conséquence sur la santé des riverains. Pour les analyser, une cellule de veille médicale doit être mise en place par la mairie. Mais cet organe ne devra pas se contenter d'être un observatoire : il devra aussi peser sur les décisions éventuelles à prendre s'il s'avère que la santé est en jeu. « Et, dans une telle affaire, nous estimons que la ville ne peut pas être que médiatrice entre les responsables de Cargill et les riverains».


Le Télégramme -  18/01/2007

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