Ex-Clemenceau. Longue est la route vers l'Angleterre

Ça continue de patiner autour de l'ex-Clemenceau. Des travaux ont lieu à bord. Des experts du chantier anglais étaient à Brest mercredi. Mais le feuilleton juridique est loin de son « happy end ».

L'association d'opposants à la venue de l'ex-Clemenceau à Hartlepool, dans le Nord-Est de l'Angleterre, a été entendue. Leur appel d'une première décision de justice (recours contre la dérogation d'autoriser l'importation de produits pollués) a finalement été retenu par la cour spécialisée. Dans le contexte de cet enlisement juridique, on imagine mal le bateau quitter Brest sans le feu vert définitif du pays destinataire. On voit encore plus mal des autorités françaises, déjà ridiculisée par un coûteux et désastreux aller-retour en Inde, prendre le risque de faire appareiller un navire susceptible d'être rejeté par nos amis d'outre-Manche.
 


Le vieux porte-avions attend toujours à Brest. Une fois éteintes du côté britannique, les banderilles juridiques prendront le relais côté français.

Remorquage : rien n'est programmé
Du coup, ça flotte, ça patine dans le port de Brest. On apprend que des travaux sont actuellement engagés à bord du porte-avions afin de préparer le remorquage (électricité, feux de navigation...). Mais a priori sans trop de conviction : petite équipe à l'ouvrage, communication au point mort, comme si on ne croyait plus en ce remorquage. Dans le même temps, on apprend qu'une société anglaise est sur les rangs pour conduire la coque en Angleterre, qu'une équipe de techniciens d'Able Uk, le chantier anglais, a visité le bateau mercredi. Mais toujours rien du côté du Centre de sécurité des navires local qui affirme tout ignorer de la société de remorquage pressentie et de la date programmée. Et pour cause tant que la décision de justice n'est pas tombée !

Les Brestois prêts à dégainer
Dans combien de temps la cour d'appel britannique tiendra-t-elle audience ? Le navire est-il encore à Brest pour plusieurs mois ? Ce délai supplémentaire fait le jeu des défenseurs du démantèlement en France, les associations brestoises Mor Glaz et AE2D continuant de défendre la faisabilité d'une filière de déconstruction à Brest, sur le lieu de construction de l'ex-Clemenceau et de bon nombre de navires militaires français en fin de vie. Ces mêmes Brestois ont promis, une fois la procédure juridique anglaise achevée, de reprendre le flambeau et de s'opposer au départ de la coque, côté français.
Stéphane Jézéquel

Le Télégramme -  18/10/2008

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