Bout du monde : Nucléaire ? Non merci...

Au festival du Bout du monde, lors du concert du groupe occitan Dupain le samedi, un militant de Greenpeace est monté sur scène interpeller le public au sujet de la présence d’installations nucléaires en Presqu’île (Ile longue, Guenvenez). Le dimanche, une pétition a circulé, demandant que le festival "accepte de recevoir, dans ses prochaines éditions, les associations environnementales et pacifistes". Ce festival "représente une formidable tribune pour débattre de ces questions, estime Claudette Pédel (Greenpeace Brest), dans une lettre ouverte adressée hier à Jacques Guérin, l’organisateur. Pourtant, poursuit-elle, depuis plusieurs années, les acteurs de la société civile (associations pacifistes, de protection de l’environnement, etc.) n’ont pas la possibilité de s’y exprimer pleinement, contrairement à d’autres festivals bretons comme les Vieilles Charrues".

Une pétition pour le droit à l’information
Cette année, des militants du réseau Sortir du nucléaire, de Greenpeace, du Mouvement de la Paix, d’AE2D et de la Flottille "Rade de Brest pour une mer propre" ont donc décidé de se mobiliser pour informer le public du festival. Une pétition "pour le droit à l’information du public" a été proposée aux festivaliers. Elle aurait reçu 400 signatures et vient d’être remise à Jacques Guérin, représentant l’organisation du festival.

La réponse de Jacques Guérin
"Ma position personnelle sur un certain nombre de questions politiques est connue, explique l’ancien objecteur de conscience qu’est Jacques Guérin. Mais mon métier aujourd’hui, c’est de bâtir des projets et je ne veux pas tout mélanger. Dans mon équipe pour le Bout du monde, il y a 104 personnes. Parmi elles, nombreux sont ceux qui, de près ou de loin, ont une activité liée à la présence de l’armée dans la Presqu’île. Par respect vis-à-vis de cette équipe, je dois me garder de laisser le festival - qui est d’ailleurs de plus en plus courtisé - devenir une tribune politique, quelle qu’elle soit d’ailleurs. C’est un festival de musique, le public vient pour passer un bon moment, chacun avec sa sensibilité propre. Je dois aussi respecter cette diversité. Que cette question soit abordée à Carhaix ou ailleurs, cela ne prend pas du tout le même sens. Le festival du Bout du monde appartient aux gens de la Presqu’île, c’est aussi leur projet, je ne le vois pas devenir un lieu de polémique". Voilà qui est dit.

Marie-Line Quéau
Le Télégramme - Crozon - 19/08/2006

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