Pont ar Bled : les associations montent au créneau


Mercredi à 17 h 30, le projet d'extension de l'usine de traitement de l'eau de Pont ar Bled a été mis sur la sellette à l'initiative d' AE2D, Agir pour l'environnement et le développement durable, et de l'association de Défense du cadre de vie à Loperhet avec au-delà, le problème actuel de la gestion de la ressource en eau.

Avant d'aborder l'enquête d'utilité publique pour Pont ar Bled, Roger Abiven, président d'AE2D a dressé le bilan d'une situation préoccupante : 20 prises d'eau en rivière ne sont pas protégées, 60 captages sont abandonnés et certains ont du mal à appliquer les déclarations d'utilité publique, «le préfet aura du mal à protéger les captages faisant l'objet d'une déclaration d'utilité publique, dans le délai de trois ans qu'il s'est fixé». Rappelant la pollution dont ont souffert 60.000 personnes en pays Bigouden, il s'est interrogé sur les implications d'un problème de fonctionnement à l'usine de Pont ar Bled approvisionnant 240.000 Nord-Finistériens. En soulignant le manque de cohérence actuel de la gestion de la ressource en eau, l'association AE2D souhaite des solutions préventives plutôt que curatives.

Augmentation de production injustifiée

André Huet, de la Défense du cadre de vie à Loperhet, a dénoncé «l'incohérence de l'amalgame de la protection des périmètres de protection des captages avec l'augmentation de la production de l'usine de Pont ar Bled et son changement de mode de traitement. Ces divers points n'ont rien à voir les uns avec les autres et ne devraient pas faire l'objet d'une même enquête d'utilité publique, la protection des périmètres porte ses fruits, il faut renforcer le travail sur cette protection» et, selon lui, l'augmentation de la production de Pont ar Bled et le changement de procédé de traitement ne se justifient pas. Serge Borvon de l'association EPI de Plougastel Daoulas a fait observer que les consommateurs diminuent leur consommation d'eau. D'autre part, il s'est élevé contre la solution du rejet des déchets de l'usine de Pont ar Bled après traitement et appelle les politiques à plus de responsabilité. Un membre PS de Plougastel a rappelé que la production maximum de l'usine de Pont ar Bled à 35.000 m³ n'a jamais été atteinte avec une demande de 28.000 m³ en août 2003. Le doublement de consommation sur 10 ans, a-t-il précisé, vient notamment de l'industrie agroalimentaire. Xavier Jaouen a précisé que les usines de traitement n'ont pas pour rôle, dans les directives européennes, d'améliorer des eaux polluées et dégradées mais bien d'améliorer des eaux déjà très proches des normes sanitaires. Le problème doit être vu en amont, notamment dans les extensions d'exploitations et l'industrie agroalimentaire.

Rassembler élus citoyens, industriels

Jean-Claude Le Tyrant, maire de Daoulas, a souhaité des rencontres sur les problèmes d'environnement et de gestion de l'eau rassemblant élus, citoyens regroupés en association et représentants de l'industrie agroalimentaire «car nous avons tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs».

Le Télégramme -23 octobre 2003

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