Usine Cargill : la position de six associations

Le comité de suivi de l’exploitation de l’usine Cargill, composé de six associations (*), s’est réuni récemment. Il donne «son point de vue sur la situation actuelle», après l’installation dans le courant de l’été d’un nouvel équipement sur le site et avant la première réunion de la cellule de veille (**), fixée au 15 novembre.

Ce comité écrit : «L’arrêté préfectoral du 9 janvier 2006 impose une série de prescriptions, dont la réduction des odeurs, des rejets de composés organiques volatiles et de la pollution des eaux, avant janvier 2007. L’entreprise est également tenue de respecter des normes strictes avant rejet des eaux résiduaires industrielles dans le réseau d’assainissement collectif de la communauté urbaine. Pour tenter d’y répondre, Cargill a installé un nouveau four désolvantiseur qui fonctionne depuis le 18 août 2006».

Odeurs et rejets d’hexane
Le comité estime que : «Sur le plan des odeurs, le nouvel équipement, censé réduire les odeurs d’environ 15 %, n’apporte en réalité aucune amélioration car, depuis plusieurs semaines, les odeurs sont à la fois plus fréquentes et plus fortes et se font ressentir dans tout le secteur de Saint-Marc et bien au-delà. Quant à la réduction prescrite des rejets d’hexane, produit volatile dangereux, on ne peut qu’être sceptique sur la diminution de la consommation de ce produit; réduire le taux de la consommation d’hexane, tout en doublant la production de l’usine aboutit non pas à une diminution ni même à un maintien de la situation antérieure mais à une augmentation de la dangerosité des rejets.
Les risques sur la santé n’en sont qu’aggravés, et quand on sait qu’il y a deux écoles dans le voisinage (....) de l’usine, il y a de quoi être inquiet».

Soirs et week-ends
«Par ailleurs, l’arrêté ne prescrit pas la réduction des nuisances sonores. Elles sont pourtant difficiles à supporter pour les riverains, particulièrement le soir et pendant les week-ends : le seuil tolérable est souvent dépassé». Le comité de suivi, «constatant également que les capteurs de poussières promis n’ont jamais été installés», espère «une objectivité des mesures réalisées et de la présentation qui en sera faite mais exprime, tout naturellement, une certaine méfiance au vu du fonctionnement passé de l’usine et du laxisme alors montré par les autorités pourtant chargées de faire respecter les réglementations en vigueur».

«Prêt à collaborer»
Le comité de suivi se déclare cependant « prêt à collaborer en bonne intelligence avec les différents acteurs concernés pour trouver des solutions préservant à la fois l’environnement, la santé publique et les emplois».

(*) Comité de vigilance pour la qualité de l’environnement de BMO, association du Merle blanc, Agir pour l’environnement et le développement durable (AE2D), Cap sur Mestriden, Comité de sauvegarde de l’environnement de Saint-Marc, Les amis de Kérangall.
(**) représentants de l’entreprise, de la municipalité, de la Drire et des associations de riverains.

Le Télégramme - 24/10/2006

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