Port. Où sont enfouis les déchets de l’Amoco-Cadiz ?

Les travaux d’aménagement du terre-plein situé derrière la passerelle Ro-Ro ont mis au jour des déchets vieux de 30 ans, résultant du nettoyage des plages souillées par l’Amoco-Cadiz.

Aurait-on un port sale en partie à cause des déchets de l’Amoco-Cadiz ? Les familiers du port, relayés par des défenseurs de l’environnement, tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Les travailleurs de la zone portuaire, des plongeurs et des pêcheurs avaient bien remarqué un phénomène étonnant, ces dernières années : en période de grande marée, la basse-mer laissait apparaître à fleur d’eau de longues traînées irisées d’hydrocarbures, longues parfois de près de 600 m et larges de 30. L’explication a peut-être été trouvée. L’extension de la zone des conteneurs a engendré de gros travaux. Ils ont mis au jour des couches de terre extrêmement polluées et des déchets plastiques divers, visiblement des restes de bottes et de cirés utilisés il y a 30 ans par les nettoyeurs des plages du littoral du Nord-Finistère.

Stockés dans une zone inadaptée ?
Environ 8.000 m³ de terre ont été enlevés de cette zone depuis 2007. La moitié se trouve actuellement stockée le long de la route menant au rond-point de Tritschler. « Plus de 3.000 m³ ont déjà été transportés plus loin sur le polder, dans la zone de stockage des produits inertes classe 3 », affirme Christian Bücher, représentant d’AE2D, association environnementale, qui s’inquiète de leur présence. La Drire (Direction régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) a été alertée. « Des analyses réalisées par le laboratoire Idhesa révèlent la présence de 17 g d’hydrocarbure par kilo. C’est énorme quand on sait que la norme est de 5 mg maximum.

Déchets de catégorie 1
Cette terre n’aurait jamais dû être mise là. Il s’agit de déchets de catégorie 1, comme les peintures ou les solvants. Ils auraient dû être convoyés au centre d’enfouissement de Mayenne ». Qui a pris la décision de la déposer là ? « Personne, à ce stade, ne le sait, souligne Christian Bücher. Personne ne sait non plus exactement où se situent toutes les autres zones de stockage des déchets de l’Amoco ». Une chose est sûre, ces résidus avaient été répartis sur quatre ou cinq sites, des bassins de rétention de 40 m sur 40, d’une profondeur de deux à trois mètres. « Ce devait être du provisoire mais, 30 ans après, ils sont toujours là », déplore le spécialiste.

Alain Coquil
Le Télégramme -  27/02/2008

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