Les marins sur l’eau pour l’eau


Non et non, qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agissait pas samedi d’une répétition de la fête du port de Kann al Loar mais d’une manifestation pour la protection de l’eau. Après un barrage au niveau du Passage à Plougastel, pour que symboliquement les pollutions ne passent pas en rade, une flottille d’une vingtaine de voiliers et autant de kayaks et de yoles, ont envahi le port samedi en fin de journée.
Les navigateurs sont en première ligne des pollutions diverses venues de terre. Certains ont décidé de réagir en créant "La flottille de la rade pour une mer propre" et en mettant en place une manifestation qui se voulait aussi festive. Un collectif d’associations, qui œuvre pour la protection de l’environnement, s’est greffé à cette première animation qui, selon Xavier Jaouen, l’amiral de la flottille, sera sans doute reconduite l’an prochain.

 

Samedi, un radeau original rempli de molécules symboliquement chimiques a été mis à l’eau pour démontrer la banalisation des pesticides.

Rien n’est gagné
" Nous avons décidé de nous rassembler entre plaisanciers pour ne pas laisser la qualité de l’eau de mer se dégrader. L’état de la rade est assez mauvais à cause de la pollution des rivières. Il faut donc arrêter de polluer les terres", expliquait le président de l’association de plaisanciers. Tous les bateaux ne sont pas remontés à Landerneau à cause du vent d’ouest contrariant une descente prévue une heure plus tard après la renverse mais il y avait toutefois un bel éventail de voiliers qui ont bénéficié d’une belle trouée de soleil. Plusieurs radeaux ont été symboliquement mis à l’eau : un cochon pollueur en bouteilles plastique, un autre rappelant le projet d’usine de nanofiltration à Pont-ar-Bled qui "entre uniquement dans la logique curative et que nous aimerions voir couler", confiait Arnaud Clugery de l’association Eau et rivières.
Hélas, ce radeau n’a pas coulé mais est remonté tranquillement vers le pont de Rohan. Autre symbole pour ne plus utiliser les pesticides, deux engins flottants dénotant la chimie envahissante avec, pour l’un d’eux, à son bord des ballons de molécules représentant du DTT. "Nous ne voulons pas être pessimistes. Nous sommes là pour dire que nous avons un milieu riche qu’il faut absolument préserver sous couvert de ces animations amusantes", soulignait l’animateur.

Goûteurs d’eau
De concert parmi les stands d’associations écologiques, la CLCV (Consommation et cadre de vie) proposait au public de goûter à l’aveugle trois eaux : celle du robinet, de source et minérale dans le but de repérer la première et de la consommer quotidiennement car elle est très bonne, pratique, sans transport et beaucoup moins chère. A noter que sur 67 goûteurs, 28 ont reconnu celle du robinet, les autres n’ont trouvé aucune différence.


Monique Madec
Le Télégramme Landerneau - 16/05/2006

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