Épandage du lisier. Des associations très inquiètes

Alors que les algues vertes ont refait leur apparition, le futur plan départemental d'autorisation d'épandage du lisier suscite la controverse.

Une délégation composée d'une vingtaine de représentants de plusieurs associations (VivArmor nature, Côtes-d'Armor Nature Environnement, Eau et Rivières de Bretagne, le syndicat des mytiliculteurs de la Baie de Saint-Brieuc, le comité local des pêches maritimes de Saint-Brieuc) s'est rendue lundi à la préfecture des Côtes-d'Armor pour émettre une vive protestation à propos du projet de plan d'autorisation d'épandage des lisiers. Il doit être entériné prochainement par un arrêté préfectoral.

Accumulation de nitrates et d'algues vertes
Cette décision sera prise dans le cadre d'une directive européenne de 1991 visant à lutter contre la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole. Révisable tous les quatre ans, elle doit être précédée d'avis d'administrations (direction départementale de l'équipement et de l'agriculture), et de collectivités territoriales. Un conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques doit également être organisé avant la signature de l'arrêté par le préfet.

 

Les algues vertes sont de retour cet été dans les Côtes-d'Armor. Elles sont une conséquence directe des plans d'épandage des lisiers.
Photo Archives Claude Prigent

Or, le projet actuel de plan mentionne toujours une autorisation d'épandage des lisiers à partir du 15 janvier. Pour plusieurs associations, il s'agit d'un non-sens car cette mesure entraînera une accumulation de nitrates, nitrates qui sont la cause reconnue de la prolifération des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc. «L'azote des lisiers rejoint dès les premières pluies les nappes phréatiques, les rivières et les baies marines», expliquent plusieurs adhérents.
Ces derniers rappellent aussi que ces épandages sur terres nues favorisent la contamination bactériologique. Et, aujourd'hui, «Bruxelles menace de fermer toute la zone conchylicole, la pêche à pied et la baignade en baie de Saint-Brieuc». Pour éviter cette «catastrophe», ces associations invitent la population à signer le registre d'enquête à la préfecture ou sur internet (*). Et elles demandent au préfet de repousser cette autorisation d'épandage au 15février pour les cultures de céréaleset au 1eavril pour les cultures de maïs.

(*) www.cotes-darmor.pref.gouv.fr/documents/ecologie-et-developpement-durable/projet-d-arrete-4eme-pa-pdf


Le Télégramme - Côtes-d'Armor - 01/07/2009

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