Captages d'eau. BMO montrée du doigt par les riverains

Le manque d'information et de transparence de la part de BMO sur le dossier de protection des captages d'eau fait monter les riverains au créneau.

À l'étude depuis plusieurs années, l'approvisionnement en eau potable de BMO, Plougastel compris, a pris un nouveau virage, en octobre dernier, à la suite d'un vote, à l'unanimité du conseil de communauté. Il a été décidé de mettre en place un périmètre de protection (30ha en moyenne chacun) autour des captages de Kergonnec et Bréleïz, en Plougastel (3% de l'alimentation en eau de l'agglomération brestoise). Mais c'était sans compter sur la détermination des habitants des villages alentour, concernés par des mesures d'expropriations, ou d'obligation de travaux sur leurs assainissements individuels. Une délégation de riverains est venue exprimer, vendredi matin, auprès de la rédaction mobile du Télégramme, son besoin d'informations, face à BMO, pas vraiment au top en matière de transparence. Notamment en cause, les annonces contradictoires de subventions et de traitement des surfaces enherbées des terrains en périmètre rapproché.

 

Quelques-uns des habitants concernés, avec de gauche à droite, Michel Larvor, représentant les riverains de Kergonnec, Denis Bloch (Kergonnec), Jean-Marie LeGall (Kervastou); André Le Gac (conseiller général et élu de l'opposition); Marie-Claude Thomas (Runavot).

Individuel ou collectif
«Au départ, on nous a annoncé des subventions de l'Agence de l'Eau de 50% sur les travaux d'assainissement individuel, aujourd'hui, il ne s'agit plus que de 30%». À noter que, si une solution d'assainissement collectif est envisagée pour le village de Kergonnec (financé par la collectivité, avec raccordement individuel facturé à l'habitant), il en va tout autrement de celui de Breleïz et Runavot. Pour ces deux villages, la solution individuelle est de rigueur, un délai de deux ou trois ans étant donné aux propriétaires afin de mettre aux normes des installations parfois anciennes, voire inexistantes. Pour couronner le tout, le jour même d'une réunion publique, organisée sur le sujet par BMO le 19 mai dernier, et sans qu'il en soit fait mention dans le débat, certains Plougastellen, concernés par ces mesures de protection, trouvaient dans leur boîte aux lettres des recommandés où apparaissait le terme «expropriation», accompagné d'une «demande de réponse urgente pour paiement rapide des indemnités».

Méthodes autoritaires
On imagine leurs interrogations, leur colère, et leur demande, légitime, d'une information complète sur les conséquences, sur les biens, de l'emprise de la protection de captage. Autre demande, celle de rencontre, sur place, avec les élus locaux, Dominique Cap, maire de Plougastel, en tête, «afin d'expliquer ce que nous vivons, et envisager avec eux, la dévaluation de nos propriétés bâties ; une éventuelle compensation financière des propriétaires de la zone A ; et pourquoi pas, une baisse de la taxe foncière». Et de conclure: «On n'est pas contre la protection du captage, nécessaire à la qualité de l'eau, mais que les choses soient faites dans la transparence et le respect des citoyens, et non avec des méthodes autoritaires d'un autre temps».


Le Télégramme - Plougastel-Daoulas - 03/06/2009

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