Ex-Clemenceau. Bye bye Q 790 !

Plus de cent journalistes à suivre l'arrivée du Clem' en mai 2006. Moins de dix pour son départ hier et même pas TF1, ayant préféré aller filmer la neige ! Une sortie par la petite porte pour un épilogue néanmoins historique.

On n'y croyait plus! Prévu à l'origine à la fin 2007, le départ de la coque, administrativement nommée Q790, n'a pas eu lieu avant les fêtes de Brest 2008, malgré la promesse martelée par la ministre de la Défense de l'époque. Il faut dire que le morceau de 32.000t a été dur à avaler sur le plan du marché européen nécessitant d'innombrables autorisations administratives.

Dans l'indifférence
Aucun bateau accompagnateur, pas un plaisancier sur l'eau, à peine quelques silhouettes, au loin, sur les sentiers côtiers. Pas un opposant, ni une banderole à terre ou sur mer. Même le gros grain qui arrosait la pointe Saint-Mathieu a dévié de sa route. Le Clem' est parti le plus discrètement du monde pour son dernier voyage, l'annonce de son départ intervenant seulement deux heures avant les grandes manoeuvres. Parti par la petite porte, en dépit d'une procédure unique au monde qui fera automatiquement date dans le processus de démantèlement des navires. Dorénavant, l'État français dispose d'une épaisse feuille de route pour démanteler en Europe, «dans des conditions satisfaisantes pour les hommes et l'environnement», des navires qui jusqu'alors finissaient désossés sur les plages asiatiques ou coulés dans les grandes profondeurs. Sur la pointede l'étrave, la coque construite à Brest, de 1955 à 1957, a fendu une dernière fois les eaux de la rade et traversé le goulet qui l'a vu naître.

 

 

Depuis son retour de son périple indien en 2006, l'ex-Clemenceau sera resté 32 mois à Brest, la ville où il a été construit à la fin des années 50. Photo Eugène Le Droff

Attendu dimanche matin
Pris en remorque, hier, un peu avant midi, le Clemenceau est attendu ce week-end dans le nord-est de l'Angleterre, après 1.400 km effectués à 10 km/h de moyenne. Les conditions météo sont plutôt favorables. Les compétences de son remorqueur, l'Anglian Earl, sont incontestées. Il est comparé à l'Abeille Flandres pour ses lignes et à l'Abeille Bourbon pour sa puissance, opérant régulièrement en Manche et en Mer du nord. La coque devrait être prise en charge, dimanche matin, par des remorqueurs et des pousseurs portuaires, à proximité immédiate du site de démantèlement d'Able UK.

Un chantier d'un an
L'opérateur qui va démanteler là son premier gros navire se donne un an pour faire le travail. Les ouvriers devront commencer par construire une grande porte qui viendra fermer la darse naturelle. Le bassin devra ensuite être asséché, vidé de ses boues et recouvert d'un revêtement calcaire. Une tâche qui n'effraie en rien le patron du chantier anglais qui envisage de démanteler en parallèle les quatre navires américains en stand-by depuis 2003.

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme - Finistère - 04/02/2009

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