Pollution en mer. 300.000 requis contre un cargo

Au mois de novembre dernier, Le Valentia avait été dérouté vers la cité du Ponant après qu'une traînée d'hydrocarbures a été observée dans son sillage. Délibéré le mercredi 1er juillet.

À l'entame de sa plaidoirie, hier, Me Rémy Cuisigniez estime que le tribunal correctionnel de Brest ne doit s'intéresser qu'à un seul point: «Y a-t-il la preuve que le capitaine du Valentia a volontairement rejeté à la mer un produit polluant ?». Près de trois quarts d'heure plus tard, à la toute fin de sa démonstration, cet avocat du barreau de Marseille apporte sa réponse, négative forcément. Réclamant la relaxe de son client, un Russe âgé de 41ans, qui dirigeait les quinze autres membres d'équipage de ce cargo alors immatriculé au Liberia. À la mi-novembre de l'année passée, le navire roulier de 89 m, mis en service en 1983 et toujours en activité à ce jour, avait été dérouté en direction de la cité du Ponant. Un avion des douanes avait observé, dans son sillage, une traînée d'hydrocarbures longue de 18 km, sur 50 m de large, alors que le bateau progressait à quelque 280 km à l'ouest de l'estuaire de la Gironde. À son bord, près de 500 véhicules neufs de marque Renault, chargés à Santander (Espagne). Le Valentia rejoignait Newcastle (Angleterre), via une halte au Havre.

Un «navire poubelle d'armateur voyou»
Selon Isabelle Johanny, la procureur, cela ne fait aucun doute: voici l'exemple même d'un «navire poubelle (...) d'armateur voyou». Elle insiste sur les «deux systèmes de pompes illicites» retrouvés dans le compartiment machines et le local barre. Ils «permettaient de se débarrasser des eaux huileuses de ces parties» en pleine mer. Et la représentante du ministère public de requérir une amende de 300.000 à l'encontre du prévenu, somme censée être prise en charge à 90% par la compagnie libanaise en cause, AbouMerhi Ship Management SAL. Sur le cargo, il y aurait eu un «laisser-aller complet», assène encore Me Maurice Briand, l'un des quatre conseils des treize parties civiles présentes dans ce dossier. Le jugement a été mis en délibéré au mercredi 1er juillet prochain.

 

À l'époque, Le Valentia avait quitté la rade de Brest après cinq jours d'immobilisation. Une caution d'un montant de 300.000 avait dû être payée par l'armateur. Photo d'archives Le Télégramme

Aurélien Douillard
Le Télégramme - Finistère - 04/06/2009

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