Europe Écologie. Clemenceau : que de questions encore

Yannick Jadot, ancien responsable du dossier Clemenceau au sein de Greenpeace France et candidat dans l'Ouest pour le rassemblement Europe-Écologie, pose toute une série de questions sur les conditions de départ du Clemenceau.

«Le départ du Clemenceau suscite plus de questions qu'il n'apporte de réponses», affirme Yannick Jadot. À quel prix? Pour 4,7millions d'euros, quand tous les autres prétendants sérieux avaient demandé près de dix fois plus! Pour rappel, les 70 tonnes d'amiante enlevées du Clemenceau à Toulon en 2005 avaient coûté près de 4millions d'euros. Il en reste aujourd'hui plus de 800tonnes à bord. Pour une telle quantité, les estimations varient de 20 à 25millions d'euros. A moins que le ministère de la Défense continue de croire, comme il le déclarait très officiellement pendant le périple indien, qu'il ne reste que 45 tonnes d'amiante! «Comment la société Able UK va-t-elle dépolluer le Clemenceau à ce prix, dans des conditions sanitaires et environnementales respectueuses? Pour le moment, cette société semble surtout réticente à travailler avec les syndicats locaux».

«Quelles garanties d'imperméabilité?»
«Où se trouve la fameuse plus grande cale sèche d'Europe? En allant sur "Google Map", on constate aisément que le site où attendent déjà quatre navires américains est un bras de rivière donnant sur la mer, sans infrastructures particulières. Able UK promet de fermer le site et de l'assécher avec la construction d'une digue. Pourquoi ne l'a-t-elle pas déjà fait pour le démantèlement prétendument engagé des navires américains? Qu'est-ce qui garantit l'imperméabilité du site, et notamment du sol? Comment Able UK a-t-elle gagné le marché? «On doit surtout s'interroger sur le très bon résultat obtenu sur la réponse technique, n'ayant aucune expérience de démantèlement de navires. Il semblerait par ailleurs qu'Able UK n'ait obtenu les licences indispensables pour ce type de travaux qu'une fois le contrat attribué (ce qui était exclu par l'appel d'offres). Le ministère de la Défense a malheureusement opéré dans l'opacité».

«Une fin honteuse et cynique»
«L'État français se débarrasse à moindre coût de son plus célèbre déchet, conclut Yannick Jadot. Comment, en contradiction totale avec les engagements du Président Chirac, met-il une véritable bombe sanitaire et environnementale entre les mains d'une société plus habituée à désamorcer les grenades? Une fin décidément honteuse et cynique pour l'ancien fleuron français!».

Le Télégramme - Brest - 05/02/2009

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