Développement durable. Le port des angoisses

Rien ne va. Lors de la balade organisée par l'association AE2D sur le port de commerce, les quelques visiteurs ont pu se rendre compte qu'au bord de l'eau, l'«éco-citoyenneté» coule, à en croire les organisateurs.

Certes, il y a du mieux. Mais tout de même. À en croire les responsables d'Agir pour l'environnement et le développement durable (AE2D), le port de commerce de Brest reste une zone sensible pour le bon équilibre de cette fameuse «éco-citoyenneté» qui leur est chère. Assise sur les bancs extérieurs du Fourneau sous un joli soleil printanier, la petite assistance appâtée par le tour des installations proposé par l'association dans le cadre de la semaine du développement durable ne se berce d'ailleurs d'aucune illusion. Elle a raison. Le guide de l'expédition à travers grues, silos et formes de radoub est Christian Bucher, représentant des associations au conseil portuaire. «Le seul», s'empresse-t-il d'ajouter. Mais il faut croire que cette voix porte.
 

Pour Christian Bucher, «ce ne serait pas du luxe d'avoir une réglementation plus stricte».

Une liste non exhaustive
«Nous avons réussi à faire évoluer Cargill dans le traitement de ses tourteaux de soja, il y a vraiment du mieux», se réjouit Marie-Louise Urien qui n'oublie pas non plus le rôle de la Communauté européenne et de nouvelles directives plus strictes en la matière. Un début. Car si «la rade de Brest est un écosystème qui se porte encore plutôt bien», il faudrait tout de même veiller à ce qu'elle ne soit pas la poubelle du port. Et c'est là que le bât blesse. De l'avis des intervenants, la chambre de commerce et d'industrie, concessionnaire des installations, ne lésine pas sur la rentabilité mais renâcle à moderniser certains équipements pour gagner en dépollution de tout ce qui gêne. La liste est longue, non exhaustive : boues, poussières de ciment ou de soja, bruit des industries le soir et les week-ends, hydrocarbures et rejet en mer, des gros et des petits. «Le trafic maritime dans son ensemble génère 940 millions de tonnes de particules par an. C'est moitié moins que les voitures sur la planète mais ces éléments se déversent finalement sur la terre. On recense du soufre, du fuel lourd et autres en se disant que ce ne serait pas du luxe d'avoir une réglementation plus stricte», considère Christian Bucher.

Aimer le port
Dans les paysages patrimoniaux de cette ville, on écoute et on discute. Des grilles fermées pour plus de sécurité, «mais moins de lisibilité dans le roulement des navires qui arrivent chargés de soja transgénique». Roger Abiven explique qu'ils referont la balade. Pas pour dénigrer à outrance, non, mais bien pour «que les Brestois se réapproprient ce lieu et apprennent à l'aimer davantage». Avec l'AE2D.

Steven Le Roy
Le Télégramme - Brest - 05/04/2009

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