Niger. La malédiction de l'uranium

Mercredi soir, Issouf Ag Maha était invité par le collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, pour une conférence-débat sur "les pollutions d'Areva, les droits de l'homme et la situation des Touaregs."

"Au Niger, l'exploitation de mines d'uranium par la multinationale Areva est contestée. Les populations locales sont dépossédées de leurs terres et subissent la pollution, sans rien retirer de cette exploitation. Avec le nucléaire, l'uranium passe aux yeux de tout le monde comme la solution miracle aux problèmes d'énergie de la planète", a expliqué Issouf Ag Maha, agronome de formation.

Les Touaregs les derniers gêneurs
"Le gouvernement Nigérien a vu à travers cette manne, la possibilité de développer l'économie du pays. Il a mis sur le marché toute une région riche en uranium. 150 permis ont été attribués en une année. L'installation des miniers sur nos terres menace l'écosystème", a développé Issouf Ag Maha, "mais aussi les populations qui y vivent. Nous, Touaregs, sommes considérés comme les derniers gêneurs, car nous résistons à la spoliation de nos terres par les géants du nucléaire."

 

En tant qu'ancien maire de Tchirozérine, exilé politique en France depuis un an et demi, Issouf Ag Maha est bien placé pour apporter son témoignage sur "la bataille de l'uranium" au Niger.

Pas d'accès pour les ONG ni pour la presse
Pour les Touaregs, l'uranium est une véritable malédiction. Issouf a évoqué des arrestations arbitraires, des massacres, des exodes massifs. "Personne ne doit savoir ce qui se passe là-bas. Il n'y a pas d'accès pour les ONG, ni pour la presse. C'est pourquoi, quand Areva s'est installé sur ma commune, j'ai fait le choix de quitter mon fauteuil de maire pour venir en France essayer d'alerter l'opinion." Issouf Ag Maha espère obtenir l'asile politique. À noter Après "Touareg du XXI e siècle", vient de paraître le deuxième livre d'Issouf Ag Maha, "Le destin confisqué", un témoignage saisissant d'un homme attaché à son pays, à sa culture et à sa liberté.


Le Télégramme - Lannion - 05/12/2008

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