Santé. Le désherbant Roundup montré du doigt

Un universitaire de Caen accuse le désherbant Roundup de nuire à la santé. La société Monsanto, qui commercialise le produit, a aussitôt démenti.
Une étude d’un universitaire de Caen, parue dans une revue scientifique américaine, affirme que le Roundup, premier désherbant vendu au monde, est dangereux pour la santé humaine, même à dose infinitésimale, ce que dément la société américaine Monsanto qui le commercialise. « Nous avons travaillé sur des cellules de nouveau-nés avec des doses de produits 100.000 fois inférieures à celles avec lesquelles le jardinier lambda est en contact. Les Roundup (ndlr : gamme de désherbants) programment la mort des cellules en quelques heures » , explique Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire, auteur de l’étude mise en ligne, fin décembre, par la revue Chemical Research in toxicology. « Les risques sont avant tout pour les femmes enceintes mais pas seulement », ajoute ce chercheur du Comité de recherche de l’information indépendante sur le génie génétique (Crii-gen) présidé par l’ancienne ministre Corinne Lepage. De l’allergie au cancer, le risque est d’autant plus grand que le sujet est faible, précise le scientifique.
Selon lui, des études épidémiologiques sont nécessaires pour préciser le type de maladie risquée par les utilisateurs du Roundup, une gamme d’herbicides très puissants.

Cultures OGM
Le scientifique est d’autant plus inquiet que Monsanto développe une gamme de cultures génétiquement modifiées pouvant être traitées aux différents Roundup. La Commission européenne a ainsi autorisé, le 4 décembre, l’importation et l’utilisation dans l’UE, à des fins alimentaires, du soja génétiquement modifié MON89788 de Monsanto, également appelé « Roundup ready 2 ». De son côté, Monsanto France, basé à Bron (Rhône), a déclaré que « Roundup n’a pas été conçu pour autre chose que désherber. Les travaux régulièrement effectués par G-E. Séralini sur Roundup (...) constituent un détournement systématique de l’usage normal du produit dans le but de le dénigrer et ce, alors qu’il a fait la preuve de sa sécurité sanitaire depuis 35 ans dans le monde. »

Le Télégramme - 08/01/2009

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