Déchets. Le Finistère fait le pari de l’autonomie

Le Finistère se plie en deux pour gagner le pari des déchets. L’ambition du conseil général du Finistère est de rendre la collectivité autonome. Le territoire sera dédoublé pour optimiser leur gestion.
« À l’unanimité ! C’est le signe d’une volonté politique d’avancer collectivement. C’est un domaine dans lequel le Département vise l’excellence ». Chantal Simon-Guillou ne cachait pas, jeudi dernier, sa satisfaction après l’adoption du plan départemental de prévention et de gestion des déchets. « C’est une compétence que nous avons prise en 2005, à la suite de la préfecture, explique-t-elle. Depuis lors, une commission travaille à la réactualisation du plan précédent. Le but, à terme, c’est qu’il n’y ait plus une tonne qui sorte du département. Nous voulons être autonomes dans notre politique ». Actuellement, ce n’est pas le cas. Quelque 80.000 tonnes de déchets « ultimes » sont toujours acheminées vers un centre de stockage de Laval (150.000 tonnes avec les déchets industriels). Il faudra donc trouver des sites en Finistère pour stocker ces déchets. C’est l’un des points sensibles du dossier, car il soulève toujours des passions. La politique du Département est de réduire au maximum le volume de déchets ultimes à stocker.
Le plan départemental comprend trois axes : réduire les quantités, améliorer la valorisation et accompagner les collectivités. Le conseil général s’est fixé des objectifs ambitieux de valorisation (recyclage, compostage, incinération ou méthanisation). De 73 % en 2005, le taux doit passer à 81 % en 2018.

Nord et Sud
La politique du département se base en fait sur un dédoublement nord-sud de tous les outils. Le Finistère compte quatre incinérateurs : deux au nord (Brest et Carhaix), deux au sud (Concarneau et Briec), une unité de compostage au nord, à Plouédern, une autre au sud, à Plomeur. Leur mise aux normes nécessaires s’accompagnera sans doute d’un développement de la méthanisation. Une plate-forme de maturation des mâchefers est en cours de réalisation au nord, à Plabennec. Une autre existe à Concarneau. Le matériau sera utilisé en sous-couche routière.

Deux centres de stockage
Il reste donc à créer deux centres de stockage, au nord et au sud (*). Ils devront accueillir des déchets du genre pierres, gravats, plâtres et les encombrants non recyclables. « Le syndicat d’étude et de recherches de sites devrait élargir la recherche, en incluant éventuellement des secteurs où nous pouvons faire l’acquisition de bâtiments. Nous avons demandé à la Chambre d’agriculture de nous aider. Nous n’excluons pas non plus un rapprochement avec le secteur privé », dit Mme Simon-Guillou. Le plan de prévention et de gestion des déchets sera soumis à enquête publique en janvier 2009. Ce sera l’occasion d’impliquer encore plus les Finistériens.
* Un petit centre existe déjà à Tréméoc, pour le Pays bigouden sud.

Ronan Larvor
Le Télégramme - Finistère - 08/12/2008

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