Le chantier de Hartlepool a du pain sur la planche

A Hartlepool, on se félicite de l'arrivée de l'ex-Clemenceau. Le chantier d'Able Uk va démanteler au moins six navires. Au programme: 70.000 tonnes de métaux à découper.

Dans une ville encore meurtrie par la dépression des années 80, l'arrivée de l'ex-Clemenceau est plutôt considérée comme une opportunité. De 140 employés, le chantier s'apprête à monter rapidement à plus de 200. Du côté de la municipalité (85.000 habitants), on évoque un millier d'emplois rapidement générés par l'activité. Le vieux Clem' a clairement amorcé la pompe, puisque les autorisations délivrées pour le bateau français ont permis d'entamer le démantèlement, depuis octobre dernier, de deux des quatre navires américains restés en carafe depuis cinq ans (après les multiples difficultés administratives qu'a connues le chantier).

 

Able Uk s'apprête à démanteler au moins six navires dans un espace asséché de 10 hectares. Sur cette photo datée de décembre dernier, on aperçoit quatre bâtiments américains. Le démantèlement de deux d'entre eux a débuté. Photo AFP

Pari industriel
Able Uk s'apprête à démanteler au moins six navires dans un espace asséché de 10 hectares. Son pari industriel mise sur l'effet de concentration et de masse, avec 70.000 tonnes de métaux à découper et à valoriser dans les usines du secteur. Mais quid des conditions environnementales? «Elles seront scrupuleusement respectées», selon la direction du chantier, qui met en avant son expérience dans la démolition de petits bateaux, de plate-formes pétrolières et de trois centrales électriques. «Nous sommes la bonne compagnie, disposons du meilleur endroit et des meilleures compétences», entendait-on, hier après-midi, sur le ton d'une communication bien rodée. En revanche, Peter Stephenson, patron d'Able Uk, ne s'étendait pas sur la condamnation dont une de ses filiales a fait l'objet récemment, prise à défaut dans le traitement et le stockage de produits amiantés. Il préfère enchaîner: «Ce jour est historique, l'Europe s'apprête enfin à démanteler ses plus gros navires chez elle. Et il y a du pain sur la planche, croyez-moi! Combien de vieilles coques font route vers les plages de l'Asie au moment où je vous parle?»

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme - Monde - 09/02/2009

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