«Directive Nitrates». Le département dit non

Le conseil général vient d'émettre un avis défavorable sur le projet de quatrième programme d'actions dit «directive nitrates», proposé par l'Etat.

Monique Le Clézio, vice-président en charge de l'Environnement, explique les raisons de ce désaccord.

Que reprochez-vous à l'État?
Tout d'abord, l'absence de concertation locale qui fait de ce quatrième programme la copie du troisième. Et ce, alors même qu'aucun bilan de ce dernier n'a été pris en compte et que ce troisième programme était loin d'être parfait. Nous attendons de l'État des réponses adaptées aux problématiques costarmoricaines et non un programme imposé par l'échelon national. En Côtes-d'Armor, nous avons déjà des bandes enherbées près des cours d'eau, par exemple, et les sols sont déjà couverts à 80% l'hiver.

Vous parlez aussi d'incohérence...
Il y a effectivement incohérence entre ce projet et le futur Schéma d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Loire-Bretagne (Sdgae), applicable dès 2010. Ce programme, émanant également de l'État, est basé sur une approche par bassins-versants et non plus sur un raisonnement fondé sur l'échelle cantonale, ce qui est toujours le cas de ce quatrième programme. On se demande si l'État veut réellement améliorer la situation et atteindre le bon état écologique de l'eau à l'horizon 2015, en application des directives européennes.

Que demandez-vous ?
Une réunion technique pour mettre ce programme en cohérence avec le Sdgae et définir des mesures adaptées aux problématiques de nos bassins-versants. Par exemple, prévoir des mesures spécifiques pour les bassins versants alimentant les sites touchés par les algues vertes. En matière de fertilisation des cultures, on demande d'appuyer la réglementation sur des bases scientifiques. Que ce soit pour les dates d'épandages de sortie d'hiver (15 janvier actuellement) ou la prise en compte des apports réels d'azotes, quelles qu'en soient les sources. Quant à l'aménagement de l'espace, il faut promouvoir systématiquement les actions bénéfiques pour la ressource en eau : bandes enherbées et prairies le long du réseau hydrographique, maillage bocager...

De nouveaux efforts pour les agriculteurs ?
Les agriculteurs costarmoricains ont fait d'importants efforts qui se traduisent par des améliorations de la qualité de l'eau. Cependant, il faut aller encore plus loin sur les bassins versants les plus sensibles. Il est temps de travailler sur de l'agronomie. En revanche, il faut assurer de la stabilité aux agriculteurs, par une réglementation cohérente, qui ne soit pas constamment remise en cause.

Propos recueillis par Hervé Queillé
Le Télégramme - Côtes-d'Armor - 09/07/2009

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