Recyclage des navires. Une nouvelle convention en vue

Le recyclage des navires sera au centre d'une réunion internationale qui doit s'ouvrir, demain, à Hong Kong, afin d'adopter une nouvelle convention.
Chaque année en Asie, où se fait la majeure partie de la démolition des navires en fin de vie, des dizaines de travailleurs sous-équipés et sous-payés payent de leur vie cette répartition Nord-Sud des tâches. Les plages de la région débordent de ces épaves rouillées, polluant sable et eau de leurs huiles toxiques et autres substances chimiques dangereuses. Selon les chiffres de l'industrie maritime, jusqu'à un millier de navires par an seraient aujourd'hui démolis chez les leaders mondiaux de l'activité, Inde, Bangladesh et Pakistan, mais aussi Chine et Turquie. Si ce travail a déserté les chantiers navals occidentaux, c'est parce que ces monstres des mers, certains hauts comme des immeubles de 15 étages et grands comme plusieurs terrains de football, dégorgeaient de telles quantités de produits toxiques, qu'ils violaient les normes de santé publique et environnementales.
 

Le Clemenceau, qui devait être démantelé en Inde, a finalement gagné la Grande-Bretagne, en février, pour être désamianté et traité sur un chantier spécialisé. Photo AFP

Un secteur juteux et peu régulé
Demain, et pour cinq jours, des représentants de plusieurs gouvernements se retrouvent à Hong Kong pour la Conférence de l'Organisation maritime internationale (OMI) pour le «recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires». Un secteur juteux et peu régulé, jusqu'à présent, qui a donné lieu à nombre de scandales, et certains, très médiatisés, ont accéléré la prise de conscience.

De nouvelles normes environnementales
Le projet de convention qui doit y être adopté demande aux armateurs de limiter la quantité de produits toxiques susceptibles d'être transportés par les navires de nouvelle génération, et doit imposer des normes environnementales aux chantiers spécialisés. Ces derniers devraient aussi être soumis à de nouvelles normes de sécurité pour réduire les risques d'explosions et autres accidents, assurer une formation et fournir un équipement de protection suffisant : gants, masques, lunettes... Mais, en l'état, le texte ne va pas assez loin pour certaines organisations écologistes et groupes de défense des droits de l'homme, qui déplorent que les principes ne soient pas assortis de mesures coercitives.

La leçon du Clemenceau
Les efforts des écologistes et de quelques pays européens ont commencé à payer. Comme en témoigne la débâcle du Clemenceau. Tirant les leçons de l'affaire, l'Union européenne a réclamé la mise en place de meilleures procédures de surveillance des épaves flottantes envoyées dans les cimetières d'Asie du sud. D'autant que jusqu'à 800 tankers européens à coque unique devraient, d'ici 2015, être progressivement mis à la retraite et remplacés par des modèles plus sûrs à double coque.

Le Télégramme - France - 10/05/2009

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