Centrale électrique. Les « doléances » au tribunal

Samedi, les militants anti-centrale de Ploufragan recueillaient des plaintes contre GdF. Une centaine sera adressée cette semaine au procureur.
Jamais à court d’idée quand il s’agit de rallier un public plus nombreux à sa cause, le Curc (Collectif urgence réchauffement climatique) organisait samedi, à La Poterie, en Ploufragan, une nouvelle manifestation symbolique. Celle-ci devrait déboucher sur des actions tout à fait concrètes : le dépôt de plusieurs dizaines de plaintes auprès du tribunal de grande instance. Le Curc, qui lutte depuis deux ans contre l’implantation d’une centrale de production électrique au gaz à Ploufragan, a l’intention de poursuivre la société GdF-Suez pour publicité mensongère. Cette société a été retenue par RTE (réseau de transport d’électricité) pour la réalisation d’un projet visant initialement à faire face aux consommations de pointe de la région briochine. Elle diffuse sur son site Internet des allégations que la fédération Côtes-d’Armor Environnement (ex-Fapen, regroupant plus de 40 associations, dont le Curc) considère comme mensongères.

« Publicité mensongère »
« GdF-Suez prétend que la centrale éviterait de mettre en fonctionnement d’autres centrales thermiques, fonctionnant au fioul, qu’elle permettrait de réduire les émissions de gaz carbonique par rapport à d’autres solutions, et qu’elle serait cohérente avec les objectifs du Grenelle de l’environnement. Or, le cahier des charges imposé par RTE au réalisateur du projet n’a aucune finalité environnementale. Il a pour seul objet de fournir une énergie d’appoint dans un secteur géographique déterminé. La présentation que fait GdF du projet est mensongère », a expliqué en substance Thierry Derreux, président de Côtes-d’Armor Environnement. Il a également rappelé que la production d’électricité envisagée dans le projet dépasse très largement les besoins « de pointe » ciblés par RTE, ce qui peut sembler contradictoire avec le souci de l’environnement, et répondre à une logique purement commerciale. Un cabinet d’avocats parisiens spécialisés soutient les militants dans sa démarche.

Ambiance toujours...
Samedi, à La Poterie, environ 150 personnes se sont rassemblées dans l’ambiance un peu potache que distille toujours le Curc. Un André Ollivro (l’un des piliers du Curc), habillé en prêtre de l’ancien temps, et deux de ses acolytes représentaient les trois ordres de l’Ancien Régime (clergé, noblesse, Tiers-État), à l’époque des cahiers de doléances. À défaut de pouvoir porter plainte immédiatement, Jean Kergrist, toujours solidaire, avait choisi de « porter planche », avec laquelle, sans le faire exprès (?), il a à demi assommé l’homme à la soutane, plus vrai que nature... Au-delà de cette aimable saynète improvisée, il s’agissait de recueillir des plaintes en bonne et due forme. Une centaine sera adressée cette semaine au tribunal. Il appartiendra au procureur de la République d’y donner suite, ou pas...


Le Télégramme - Saint-Brieuc - 12/01/2009

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