Électricité. La Bretagne à l’abri de la grande panne ?

Avec la venue du froid, RTE (*) a invité les Bretons à diminuer leur consommation d’électricité. La Bretagne, ne produisant que 7 % de l’électricité qu’elle consomme, risque-t-elle de se retrouver un jour plongée dans le noir ?

RTE a lancé, mardi, une nouvelle alerte orange sur la région demandant aux Bretons de réduire leur consommation d’électricité, principalement entre 17 h et 20 h. L’an dernier, à la même période, la Bretagne avait frôlé de peu la rupture d’alimentation.

Situation préoccupante
Si elle consomme beaucoup d’énergie, la région n’en produit que très peu, environ 7 % à 8 % de l’électricité qu’elle consomme. Une situation jugée préoccupante par le conseil général du Finistère. Situé en bout de réseau, le département s’est penché, mardi, sur les enjeux énergétiques au cours d’un premier « rendez-vous participatif » réunissant divers acteurs intéressés par cette problématique. Avec en filigrane, cette question : la Bretagne risque-t-elle un jour de se trouver plongée dans le noir complet ? Invité au débat, Gilles Petitjean de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) s’est voulu rassurant. «Le système en France n’est pas encore suffisamment déréglé pour faire craindre une grande panne comme elle a pu se produire dans certains pays. Il y a encore des investissements».

 

La production d’électricité à partir d’énergies renouvelables (solaire, éolien, méthanisation...) pourrait assurer un tiers de la consommation.

Forte hausse de la consommation
Mais alors que la Bretagne se trouve de plus en plus éloignée du centre de l’Europe, Gilles Petitjean n’a pas écarté la possibilité de coupures généralisées dans certaines zones, à certaines heures. Notamment en hiver, le matin de 8 h à 10 h et de 18 h à 20 h à des horaires où la demande est la plus forte. « La consommation d’électricité augmente plus fortement en Bretagne que dans d’autres régions françaises », remarque-t-il.

La situation est-elle irréversible ?
Quelles alternatives pour la région ? « Faut-il construire une centrale nucléaire en Bretagne ? », a interrogé Lionel Buannic, l’animateur du débat. Prudent, le représentant de l’Ademe a donné un avis personnel : « Compte tenu des conditions environnementales et techniques requises, l’implantation d’une centrale nucléaire en Bretagne est peu envisageable. De façon plus générale, en France, on constate qu’Areva et EDF sont plutôt dans une logique de rénovation et de renforcement de l’existant ». Soit. Mais de quels autres moyens d’actions peut disposer la région ?

Trois gisements
« Le premier gisement, c’est d’économiser l’énergie », insiste Gilles Petitjean. Le plus difficile, restant sans doute à modifier les comportements. « En 2030, en tenant compte de la croissance démographique, on pourrait économiser un tiers d’énergie ». Autre piste avancée, la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables (solaire, éolien, méthanisation...) qui pourrait assurer un tiers de la consommation, le dernier tiers étant issu des énergies conventionnelles.

(*) RTE exploite, entretient et développe le réseau public français de transport d’électricité.

Cathy Tymen
Le Télégramme - Quimper - 12/12/2008

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