Ploufragan. Le projet de centrale électrique ajourné

« La centrale de Ploufragan ne se fera pas ». L’annonce faite hier par Claudy Lebreton, le président du conseil général des Côtes-d’Armor a été confirmée, en soirée par le ministère de l’Écologie. Après deux ans de lutte, les opposants au projet ont gagné.

La centrale électrique de Ploufragan et ses quatre turbines de 50 mégawatts ne verront vraisemblablement pas le jour. Ainsi en a décidé Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Écologie. La nouvelle a été communiquée par Claudy Lebreton, dans un communiqué de presse. Saluant « une excellente nouvelle, couronnant de succès la mobilisation des milieux associatifs et des élus locaux », le président du conseil général des Côtes-d’Armor a enterré un projet « surdimensionné et inadapté aux exigences du développement durable ». Une information confirmée, à quelques nuances près, par le service de presse du ministère : « Notre souci est d’être efficace et de penser développement durable. En l’état, le projet ne correspond pas à ces objectifs ».

 

La centrale, d’une puissance de 200 Mégawatts, était prévue pour fonctionner 3.000 heures par an.

La Bretagne produit 6 % de son énergie
L’annonce de ce lundi vient donc sans doute, mettre un point définitif à un feuilleton débuté il y a un peu plus de deux ans. Partant du constat que la Bretagne ne produisait que 6 % de son énergie,
RTE (filiale d’EDF qui exploite, entretient et développe le réseau public français de transport d’électricité) avait décidé à l’époque de confier à GDF la construction d’une centrale à gaz sur la commune de Ploufragan. Vingt-quatre mois plus tard, les prises de positions d’élus de tous bords se sont faites chaque semaine un peu plus nombreuses et les manifestations organisées par le Curc 22 (collectif urgence réchauffement climatique) se sont multipliées. Le 18 juin dernier, après la découverte d’une zone humide sur le lieu d’implantation de la centrale, Philippe Rey, alors préfet des Côtes-d’Armor, refusait même de se prononcer pour ou contre l’équipement. À l’issue de la première enquête publique, le haut fonctionnaire décidait d’en lancer une seconde... qui n’aura finalement jamais lieu.

Victoire de la résistance écologique populaire

« Si effectivement, le projet est abandonné, c’est super », se réjouissait hier soir André Ollivro, l’un des membres actif du Curc 22. « C’est le résultat d’un combat de deux ans et une grande victoire de la résistance écologique populaire. Le bon sens l’emporte ». Car pour ses opposants, le projet de GDF, en plus d’être contraire aux engagements du Grenelle de l’environnement, était avant tout commercial : dans son appel d’offres, RTE exigeait une centrale d’une puissance de 150 Mégawatts fonctionnant 300 à 400 heures par an. Seulement, pour GDF, l’équipement n’était économiquement viable que s’il fonctionnait 3.000 heures par an.

Réunion de travail à venir
Hier soir, tant du côté de la préfecture des Côtes-d’Armor, que de celui de RTE, on se refusait au moindre commentaire. Reste que dans les jours qui viennent la question de l’approvisionnement électrique de la Bretagne redeviendra un sujet central. D’ailleurs, le ministère a d’ores et déjà annoncé une réunion de travail dans les semaines à venir avec les élus bretons.

Julien Vaillant
Le Télégramme - Bretagne - 13/01/2009

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