Ex-Clemenceau. Chacun joue sa partition

Le recours de l’association brestoise (AE2D) opposée au départ du Clemenceau pour l’Angleterre, a été pris en compte par le tribunal administratif de Rennes. La Marine poursuit néanmoins ses préparatifs.

Le débat judiciaire est rouvert. Une escouade d’une dizaine de juristes planche déjà au profit de l’Etat afin de contrer les arguments des écologistes brestois. Pendant ce temps, une société bordelaise (Europlasma) en profite pour mettre son grain de sable dans une procédure réputée « inattaquable ».

« La France dispose de la technologie »
Les textes précisent (convention de Bâle) que le transport de déchets toxiques n’est possible que si le pays exportateur ne dispose d’aucun moyen de traiter et de valoriser ses propres déchets. « Or, à Bordeaux, nous sommes la seule société au monde à proposer un tel niveau de valorisation de l’amiante à l’aide de notre torche à plasma », commente le directeur commercial d’Europlasma Jean-Philippe Cottel. « Ce transfert vers l’Angleterre, qui ne dispose pas de cette technologie, nous paraît illégal ». « Cet amiante sera automatiquement enfoui, alors qu’en France, pays exportateur du Clemenceau, nous disposons de la technologie adéquate ».
A Brest, les écologistes d’Agir pour l’Environnement et le Développement Durable préparent une table-ronde-débat à la mi-janvier et envisagent de faire venir leurs homologues anglais. A Paris, la réunion du comité inter-ministériel, présidée par le Premier ministre, a été reportée à plusieurs reprises. Cette réunion est indispensable pour délivrer le dernier document officiel avant l’appareillage. Une décision qui, elle aussi, sera immédiatement attaquée par l’association.

 

La Marine affirmait, il y a une semaine, avec assurance, que le bateau aura quitté le port militaire avant la fin du mois.

Préparation au grand départ
Pendant ce temps, le Clem’ continue à se préparer au grand départ. Une équipe du chantier britannique est déjà sur place. Selon certaines sources proches du dossier, le remorqueur de haute mer, choisi par le chantier, qui devra accompagner le porte-avions pour son dernier voyage, est attendu à Brest en milieu de semaine prochaine. Si la Justice ne bloque pas le grand bateau gris, et si une arrivée du porte-avions en Angleterre est jugée souhaitable avant Noël, on comprend qu’il y a une fenêtre de tir la semaine prochaine...

Stéphane Jézéquel et Catherine Magueur
Le Télégramme - France - 13/12/2008

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