Curc. Une bataille qui n’était pas gagnée d’avance

Le Curc n’a jamais dit qu’il était contre tout projet de centrale ; mais qu’il rejetait le projet imaginé par GDF et choisi par RTE. Une subtilité qui a convaincu de plus en plus de monde, au fil des mois d’une bataille acharnée.



Curc, pour Collectif Urgence Réchauffement climatique. Avec ce nom de baptême pour leur mouvement, les opposants au projet GDF de centrale thermique à Ploufragan ont voulu sensibiliser l’opinion à leur combat, et l’inscrire comme une suite logique au Grenelle Environnement lancé en octobre 2007 par le président de la République.


Des visages connus
Pourtant, en mars 2007, alors que le Curc n’est pas encore né, les opposants ne sont guère nombreux pour leur première réunion dans la salle du Grimolet, à Ploufragan. On y remarque surtout des visages de militants de défense de l’environnement bien connus : celui d’André Ollivro, ancien porte-parole de l’association Halte aux marées vertes ; ou celui d’André Pochon, alors président de VivArmor nature.

 

La première réunion des opposants avait rassemblé, en mars 2007, 50 personnes et... un fonctionnaire des Renseignements généraux, à Ploufragan. Petit à petit, le collectif a trouvé une audience de plus en plus large. (Photo Archives Le Télégramme)

Côté politique, Haude Le Guen, conseillère régionale des Verts, et Robert Pédron, alors conseiller municipal UDB de Plérin, constituent l’essentiel des troupes. Car, à l’époque, l’ancienne majorité de la Cabri défend ce projet de centrale thermique. Qu’importe, le Curc fait feu de tout bois et ne manque pas une occasion pour dénoncer l’utilisation de ressources énergétiques fossiles pour produire de l’électricité. En juin 2007, Loïc Cauret, le président (PS) du Pays de Saint-Brieuc, est l’un des premiers à émettre publiquement des réserves sur le projet. Du coup, en juillet, la CGT monte au créneau pour défendre le dossier, tandis que la CFDT fait part de son opposition. Pique-nique, manifestations, le Curc ne désarme pas et soulève l’existence de zones humides sur le site de Pré Rio, un espace écologique « oublié » dans le dossier de la première enquête publique. Le préfet est obligé d’envisager une nouvelle procédure.

Des élus de tous bords
Mais, désormais, les élus politiques locaux sont de moins en moins convaincus par le projet. Quand les membres du Curc se rendent en juillet 2008 à Paris, pour plaider leur cause au ministère de l’Écologie, Marc Le Fur, député (UMP) des Côtes-d’Armor, Christine Orain, conseillère générale (PS), et Alain Cadec, premier adjoint au maire (UMP) de Saint-Brieuc, les accompagnent. Ce jour-là, le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, et du Développement durable, affirme ouvertement son opposition au projet de centrale de Ploufragan. Le Curc ne relâche pas la pression pour autant : sa dernière action a été d’annoncer, le week-end dernier, le dépôt de plusieurs plaintes contre GDF pour « publicité trompeuse », suite à des informations publiées sur un site internet dédié à la centrale.

Le Télégramme - Saint-Brieuc - 14/01/2009

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