Centrale de Ploufragan. RTE et GDF n’abandonnent pas

Lundi, Claudy Lebreton annonçait que la centrale de Ploufragan « ne se ferait pas ». Hier, les représentants de RTE et de GDF continuaient pourtant d’assurer que leur projet était le seul susceptible de répondre aux besoins énergétiques de la Bretagne.



Ultime baroud d’honneur ou réel conviction que la partie n’est pas perdue. Difficile de trancher. Toujours est-il qu’hier, les responsables de GDF et de RTE (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France) ont continué à marteler leurs arguments en faveur de la centrale électrique de Ploufragan. La raison de cette combativité ? Aucune instruction du ministère de l’Écologie, visant à mettre un terme à l’instruction du dossier de la centrale, n’a été portée à leur connaissance.

« À deux doigts » de procéder à des coupures
Résultat, Gérard Yvé, le chef du projet chez GDF, et Didier Bény, le responsable de la région Grand Ouest de RTE, répètent inlassablement ce qu’ils n’ont cessé de dire depuis plus de deux ans : les risques de coupure de courant en Bretagne sont réels et la centrale électrique de Ploufragan est la seule solution au problème. « La semaine dernière, nous avons dû faire face à un pic de consommation », relate Didier Bény. « Mercredi et vendredi, nous avons connu deux jours très difficiles. Pour éviter une coupure généralisée en Bretagne, nous avons été à deux doigts de procéder à des coupures de courant localisées ». Et le responsable de RTE de poursuivre : « La centrale de Ploufragan est le seul projet nous permettant d’injecter de l’électricité en 14 minutes sur le réseau. Si, demain, nous devions relancer un appel d’offres, nous choisirions encore GDF ».

 

 

La Bretagne produit seulement 6 % de son énergie.

Projet non négociable
Cet argumentaire, Gérard Yvé l’a également repris, avec la même conviction. Pour autant, le cadre de GDF a aussi rappelé qu’il était inenvisageable pour son entreprise de revoir son projet. Pour Gaz de France, la centrale doit fonctionner 3.000 heures par an : c’est à cette condition qu’elle sera économiquement viable. Mais en affirmant que son projet n’est pas négociable, sauf à la marge, GDF est peut-être également tout près de l’enterrer. Car si le ministère de l’écologie n’a effectivement pas donné l’ordre à la préfecture des Côtes-d’Armor de cesser l’instruction du dossier, le cabinet de Jean-Louis Borloo a tout de même communiqué, lundi. A minima certes, mais en expliquant que, « en l’état », le projet ne verra pas le jour à Ploufragan.

GDF ne participera pas à un nouvel appel d’offres
Selon Gérard Yvé, des sommes très importantes ont déjà été injectées par GDF pour bâtir son projet. Il apparaît donc bien compréhensible que l’entreprise ne s’avoue pas vaincue si facilement. À ce sujet, le chef de projet n’hésite pas à passer à l’offensive : le cas échéant, GDF se réserve le droit d’exercer des recours en justice pour obtenir dédommagement. Et lorsque l’hypothèse d’un nouvel appel d’offres est évoquée, Gérard Yvé se montre même catégorique : pas question pour son entreprise d’y participer. « Je ne suis même pas sûr que nos concurrents le feront. Ils n’auront pas forcément envie de perdre leur temps et leur argent », ajoute-t-il. Au cœur de ce bras de fer, le ministère de Jean-Louis Borloo devra rendre un dernier arbitrage. Et le ministre choisira peut-être la réunion programmée avec les élus bretons sur l’avenir énergétique de la Bretagne - dont on ne connaît pas encore la date - pour clarifier définitivement le dossier de la centrale de Ploufragan.


Julien Vaillant
Le Télégramme - Côtes d’Armor - 14/01/2009

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