Électricité. Quelles alternatives à la centrale ?

Le projet de centrale électrique à Ploufragan est très sérieusement remis en question, mais les besoins énergétiques de la Bretagne restent prégnants. Pour les responsables politiques et associatifs, les solutions viendront des énergies renouvelables.
« Beaucoup de personnes ont manifesté leur satisfaction après que Claudy Lebreton a annoncé que la centrale de Ploufragan ne se ferait pas. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle pour la Bretagne ? Je pense que non ». Responsable du projet ploufraganais chez GDF, Gérard Yvé l’a toujours affirmé : pour lui, la centrale était la seule solution pour pallier aux carences énergétiques de la Bretagne qui ne produit, aujourd’hui, que 6 % de son énergie. Ce besoin, les opposants au projet le reconnaissent, même si du côté du Curc (Collectif urgence réchauffement climatique), on a plutôt tendance à relativiser les risques de coupure de courant. Seulement, là où les analyses divergent, c’est lorsque les militants écologiques, mais également bon nombre de responsables politiques, expliquent que des alternatives tout à fait crédibles à la centrale sont aujourd’hui à l’étude.

« Nous savons stocker l’énergie éolienne »
Sitôt son annonce détonante formulée, Claudy Lebreton, le président du conseil général des Côtes-d’Armor, s’empressait ainsi d’ajouter que le département était riche en déchets ménagers et en algues vertes. « Pourquoi ne pas les transformer en gaz, par exemple ? », suggérait même l’élu socialiste. L’idée de la biomasse (la valorisation énergétique sous forme thermique et électrique du bois et des déchets organiques, agricoles ou industriels) a été étudiée et mise en avant depuis des années par le Curc. Mais les opposants à la centrale brandissent également l’éolien comme alternative plausible. Selon Robert Pédron, vice-président de la Cabri, le projet porté par la société Powéo (un parc d’éoliennes offshore en baie de Saint-Brieuc d’une puissance totale de 150 mégawatts) pourrait ainsi voir le jour d’ici trois ans. « Les défenseurs de la centrale n’ont cessé de répéter que l’on ne pouvait pas prévoir le vent et qu’il ne soufflerait pas forcément en période de grand froid, lorsque l’on atteint les pics de consommation et que les risques de coupure sont les plus importants », indique André Ollivro. « Mais aujourd’hui, nous savons stocker l’électricité sous forme d’air comprimé ».

Les économies d’énergie la première des solutions
Le second argument utilisé pour démontrer l’inutilité de la centrale touche encore plus directement chaque citoyen, puisqu’il s’agit de la maîtrise de la consommation d’énergie. L’équation paraît simple : si la consommation baisse, les risques de coupure diminuent. Pour autant, la Bretagne gagne chaque année 40.000 habitants et la tendance n’est pas, à l’heure actuelle, à une baisse de la consommation. Mais là aussi, des pistes ont été lancées. Il y a quelques mois, le conseil régional a lancé une opération pilote sur le pays de Saint-Brieuc. Objectif, d’ici cinq ans : baisser la consommation d’énergie de 6 %. Tous ces sujets seront forcément évoqués lors de la réunion avec les élus bretons que Jean-Louis Borloo a prévu d’organiser, sans en annoncer la date. Mais d’ores et déjà - et alors qu’ils n’ont pas été invités -, les membres du Curc se proposent d’aider les participants : le combat de la centrale en passe d’être gagné, les militants écologiques s’apprêtent à demander au bureau Horizons d’étudier toutes les pistes en matière d’énergies renouvelables.

Julien Vaillant
Le Télégramme - Saint-Brieuc - 14/01/2009

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