À des années lumières des mentalités actuelles

Plogoff, Ploufragan, même combat ? En 1975, c’est l’État qui voulait implanter une centrale nucléaire à la pointe du Finistère. Et c’est ce même État, une élection présidentielle plus tard, qui retira ce projet face à l’opposition de la population. Aujourd’hui, ouverture du marché oblige, c’est un opérateur, Réseau transport électricité, filiale d’EDF, qui veut construire une centrale thermique dans une région qui importe 95 % de ses besoins en énergie. Mais c’est à nouveau l’État, par la voix de son ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, qui enterre le dossier. Les temps changent ? Oui et non. Force est de constater que c’est un dossier déjà « ficelé » qui a été présenté aux élus et aux habitants du Pays de Saint-Brieuc. Dans le cas présent, c’est RTE, et elle seule, qui a choisi le projet qui semblait le plus à même de répondre aux critères du marché d’appel d’offres. Et qu’importe, au passage, si le candidat retenu propose ensuite une production d’électricité bien supérieure à celle demandée initialement. La politique énergétique serait-elle une question trop sérieuse pour qu’on envisage de recueillir l’avis des populations concernées, avant de procéder aux choix ? En 1975, ce type de raisonnement a mené droit dans le mur. Trente années plus tard, il n’y avait aucune raison de ne pas finir à nouveau dans l’impasse. D’autant que les citoyens, de plus en plus sensibilisés aux économies d’énergie et au réchauffement climatique, sont devenus plus matures sur le sujet. Pourquoi rester alors à des années lumières de la démocratie participative dès qu’on parle de production d’énergie ? Un référendum local, sur le sujet, aurait mieux valu que n’importe quelle campagne de communication sur ce projet de centrale de Ploufragan. Des dépenses qui ont été faites, au final, en pure perte.

Tangi Leprohon
Le Télégramme - Saint-Brieuc - 14/01/2009

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