Le Clem’ en Angleterre. « Tout sauf un chantier ! »


Elles se disent anéanties à l’idée de recevoir dans quelques jours « le monstre Clemenceau » au sein de leur « petite communauté ». Pour ces deux opposantes anglaises, la France s’est trompée.

« L’Etat français et la Marine font une grossière erreur de confier leur bateau à un chantier qui n’existe même pas ! », selon Iris Ryder et Jean Kennedy, qui seront, ce soir, à la table ronde organisée par Mor Glaz et AE2D à la salle des syndicats (18 h). Arrivées hier midi, les deux membres des Amis d’Hartlepool (une branche des Amis de la Terre) dressent un tableau pitoyable de l’entreprise Able UK qui s’apprête à démanteler l’ancien porte-avions.

 

« Vous trouvez que cela ressemble à un chantier ? Vous voyez où la plus grande cale sèche d’Europe ? ».

Entre centrale nucléaire et zone protégée
Pour les deux militantes déboutées il y a peu devant la plus haute cour de justice britannique, le site qui s’apprête à accueillir l’ancien fleuron de la Marine française n’est qu’une parodie de chantier. La cale sèche n’est toujours pas finie. « Techniquement, on se demande d’ailleurs comment ils vont faire pour construire la porte (le bâtardeau) pour assécher le site ».
Pire, le creusement du chenal qui conduit au présumé site de démantèlement n’assure sans doute pas la hauteur d’eau suffisante. La rivière et le bras de mer où doit arriver le Clem’ sont charriés par un flot continu de boues et de sédiments. Le porte-avions devra passer devant une centrale nucléaire voisine du chantier pour venir stationner à proximité d’une zone naturelle protégée pour sa faune sauvage (oiseaux migrateurs) ! Drôle de no man’s land plutôt éloigné du site « hi-tech » présenté par l’administration française. « Et vous n’avez encore rien vu ! », ajoutent les deux habitantes en guerre contre un « industriel mégalo, capable de faire mousser des installations, des réalisations et un savoir-faire complètement imaginaire ». « Il ne dispose d’aucune expérience en la matière, a déjà été condamné pour avoir d’enfoui de l’amiante dans un champ à ciel ouvert. Son équipe ? Une quinzaine de personnes à notre connaissance pour cette petite entreprise familiale qui annonce la création de 200 emplois et de 1.000 dans les mois qui viennent. Imaginez le niveau de formation et d’implication de ces ouvriers de misère ».

Lourd tribut
« Notre communauté paye déjà assez cher sur le plan des cancers et des pathologies liées à l’activité industrielle du secteur et de ce site en particulier. Nous ne voulons pas de cette activité de démantèlement à 3 km de notre centre-ville et moins de 600 m des premières maisons. En 2006, notre conseil municipal rejetait, par onze voix sur douze, le projet de développement d’Able UK. La France a été abusée ».

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme- Brest - 15/01/2009

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