Démantèlement des navires. Une convention signée

Une première convention internationale sur le recyclage des navires, visant à rendre le processus plus sûr et propre, a été adoptée ce matin à Hong Kong par l'Organisation maritime internationale (OMI), aussitôt critiquée par des organisations de défense de l'environnement.

Adopté lors d'une conférence de l'OMI à laquelle 66 pays ont participé, le texte impose aux armateurs de fournir aux chantiers de démantèlement une liste des matériaux dangereux contenus dans le navire, avant qu'il ne soit détruit.

Un pas en avant contesté
Pour Lee Adamson, porte-parole de l'OMI, "c'est un énorme pas en avant en termes de santé et de sécurité pour les ouvriers et pour la protection de l'environnement". Mais selon plusieurs groupes de défense de l'environnement, le texte a échoué à mettre fin à une pratique controversée consistant à démanteler les navires sur de simples plages aménagées, en Inde ou au Bangladesh notamment.
Selon ces groupes, la majeure partie des chantiers de démantèlements asiatiques, qui reçoivent plus de 90% du marché, réalisent ces démantèlements dans des conditions souvent déplorables pour la santé des employés comme pour l'environnement.

 

Un dispositif déjà contesté. Ici le Clem.

Inde, Pakistan, Bangladesh
L'Inde - utilisée par la France pour le démantèlement controversé de son porte-avions amianté Le Clemenceau en 2006 - le Pakistan ou le Bangladesh sont les trois pays les plus sollicités pour ces démantèlements, "Cet accord n'empêchera aucun navire d'être exporté et démantelé sur les plages d'Inde, du Bangladesh ou du Pakistan", a dénoncé Ingvild Jenssen de l'organisation européenne Platform on Shipbreaking.
Cette convention est "une occasion manquée" en vue d'interdire progressivement le démantèlement sur les plages, a ajouté Eelco Leemans, de l'association les Amis de la Terre.

66 pays présents
L'OMI a défendu la convention en expliquant que les 66 pays présents à Hong Kong devaient tenir compte de la réalité d'une industrie qui représente des millions de dollars et d'emplois.
Selon des estimations de l'OMI, entre 1990 et 2006, plus de 10.000 navires ont été démantelés dans le monde, les armateurs pouvant ensuite revendre jusqu'à 300 dollars la tonne les matériaux récupérés.

Le Télégramme - Monde - 15/05/2009

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