Anciens navires. « Les couler pour en faire des récifs... »

Que faire des anciens navires militaires ? À cette question d’actualité, le député finistérien Gilbert Le Bris répond... de l’aquaculture et du tourisme ! Il propose de couler les bâtiments. L’idée doit être soumise au ministre de la Défense Hervé Morin.

Vous proposez de couler d’anciens navires de guerre pour en faire des récifs artificiels et des parcs pour plongeurs. Une idée inspirée de l’étranger ?
Plusieurs pays développent cette pratique, à l’image des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne, qui a immergé, en 2004, un bâtiment de la Royal Navy, au sud-est de la Cornouaille. Ma première réflexion portait sur la création de récifs artificiels, afin d’y développer une aquaculture extensive. Certains fonds maritimes ressemblent à la Beauce ! Il semble utile de créer artificiellement des lieux pour permettre un repeuplement halieutique. Puis c’est en discutant avec des clubs de plongée que l’intérêt touristique m’est apparu : les parcs aquatiques attirent de nombreux plongeurs. Il existe là un gisement économique pour notre littoral.
 

Selon Gilbert Le Bris, l’immersion d’anciens navires militaires peut être faite dans de bonnes conditions, en terme d’environnement notamment.

Le Finistère est bien placé pour accueillir une telle expérience...
Le département est un lieu propice, disposant à la fois d’anciens navires militaires, dont on connaît les problèmes liés au stockage, de sites adaptés comme les baies de Concarneau ou Douarnenez, car il faut compter une profondeur entre 20 et 40 m, et une bonne fréquentation touristique. Le conseil général est attentif au projet. La décision reviendra au ministre de la Défense, que je rencontre prochainement.

Votre proposition ne risque-t-elle pas de faire hurler les écologistes ?
Je veux rompre avec un tabou français, qui interdit d’« océaniser » quoi que ce soit, là où les Anglais n’ont pas de scrupules. Les conventions internationales peuvent être modifiées. Ce blocage n’est plus adapté, l’immersion peut être faite dans de bonnes conditions, en terme d’environnement notamment. Un travail préalable devra être mené avec les associations et les comités locaux des pêches, afin de déterminer les lieux d’immersion, le nombre de bateaux, leur conditionnement... Mais il faut d’abord faire en sorte que ma proposition, sortant des sentiers battus, ne soit pas rejetée d’un revers de main.

Propos recueillis par Rodolphe Pochet
Le Télégramme - Finistère - 16/01/2009

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