Débat autour du Clem’. Bien plus agité que prévu

Le débat organisé hier soir autour de la filière de déconstruction à Brest s’annonçait paisible, à sens unique. Tranquille, puisqu’aucun défenseur du Clemenceau avait daigné se déplacer. Erreur.

La soirée s’annonçait consensuelle, monolithique, probablement redondante, à fond contre la solution de démantèlement proposée par l’État et la Marine. Aux côtés des organisateurs, Mor Glaz, Agir pour l’environnement et le développement durable et les représentants de la CGT, on dénombrait dans la salle la vice-présidente du conseil régional, la Verte Janick Moriceau, installée près de Yannick Jadot, cofondateur du très frais « rassemblement Europe Écologie » et ancien de Greenpeace à l’origine du rapatriement du Clemenceau en France. Même Michel Guyot, le patron de Brest Récupération, grand manitou du collectif brestois ayant proposé une solution de démantèlement local, avait pris la peine de s’asseoir dans le public et d’intervenir en rappelant son soutien aux associations organisatrices.
Dans le ton de la soirée, les deux Anglaises des Amis de la terre étaient là pour témoigner d’un « chantier fantôme devenu le cauchemar de leur vie ». Tout était en place pour « dézinguer » le projet de démantèlement en Angleterre. Mais c’était sans compter sur la présence discrète d’un homme très impliqué dans le dossier du démantèlement des vieux navires...

« L’Angleterre c’est pas le Pakistan ! »
Alors que les deux Anglaises dessinaient les abominables contours d’une parodie de chantier naval, un homme bouillait dans la salle à chacune de leurs prises de parole. « C’est faux, c’est faux ! » : Jacky Bonnemains, de l’association écologiste Robin des Bois, interpellait Iris Ryder en pleine litanie à la Zola. « Jamais Able Uk n’a demandé de démanteler des sous-marins nucléaires dans son chantier, vous ne pouvez pas dire n’importe quoi ! ». Le débat prévu après l’intervention des deux Anglaises démarrait sans sommation, incontrôlé, incontrôlable avec un homme remonté contre « cette vision très exagérée des choses ». Vous n’allez pas nous faire croire que l’Angleterre, c’est le Pakistan ! ». C’est faux de dire que ce chantier ne dispose pas d’une cale sèche. Ils ont un large bassin qu’ils vont assécher ! ». L’ambiance s’échauffait dans le public. Arrivé spécialement de Paris, le seul défenseur de la solution anglaise faisait courageusement face à une centaine d’opposants remontés.

« Allez voir de vous-même ! »
« Comment le porte-parole d’une association qui se dit écologiste a pu se tromper autant en soutenant le départ du Clem’ en Inde et maintenant en Angleterre ? », cinglait Christian Bucher, au nom d’AE2D. « La solution indienne n’était pas si mauvaise avec un accompagnement spécifique. La solution anglaise est la seule actuellement disponible », répondait l’écolo à la position singulière. « Mais êtes-vous allé voir sur place ? », lui demandait l’Anglaise, les joues toutes rouges. « Non, j’y vais très bientôt ». « Allez voir de vous-même, je vous souhaite bon courage ! ».

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme- Brest - 16/01/2009

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