Traitement de l’ex-Clem’. Les Anglaises sèment le doute

Que faut-il penser de l’intervention des deux opposantes anglaises venues présenter les méthodes du chantier anglais en attente de l’ex-Clemenceau ?

Le tableau qu’elles dressent des pratiques et des capacités de traitement du chantier de Hartlepool est affligeant. Très impliquées dans une lutte sans merci contre cet industriel, les militantes anglaises noircissent une situation déjà bien grise au sein d’une communauté frappée de plein fouet par la crise. « Quelle est d’ailleurs la solidité financière de cette entreprise qui n’employait à Noël que 17 personnes ? », se demandent-elles. Le critère est pourtant essentiel dans l’attribution de ce marché européen qu’est la déconstruction de l’ex-Clemenceau. Mais les deux opposantes ont vigoureusement été contrées par Jacky Bonnemains, au cours de la réunion-débat organisée jeudi soir à la maison des syndicats (notre édition d’hier). Le porte-parole de Robin des Bois estime qu’il est plus que temps de s’occuper de ces navires à l’abandon, qu’il n’y a plus de temps à perdre pour lancer une véritable filière de déconstruction.

Sur son chemin, jeudi soir, le Robin des Bois croisait Yannick Jadot, le cofondateur du tout nouveau rassemblement Europe Écologie également porté par l’écologiste Daniel Cohn-Bendit. Pour Yannick Jadot, la solution portée par l’État français n’est pas la bonne. Deuxième opposition frontale après avoir, du temps où il était encore à Greenpeace, pris une part prépondérante dans le retour du Clemenceau en France ! « Une stratégie européenne se dessine, il faut créer en Europe des infrastructures spécifiques. Il faut attendre cette solution communautaire ». « Mais tu sais bien que l’on ne peut plus laisser ces bateaux pourrir ! », fulminait Jacky Bonnemains. « Et à force de tergiverser, les océanisations vont recommencer ! ». C’est justement l’idée défendue par le député Gilbert Le Bris, qui la soumettra très prochainement aux ministres.

Déstabilisation réussie
À quelques jours du départ programmé de l’ex-Clemenceau (jeudi ou vendredi, météo permettant), les opposants brestois ont réussi leur coup. Les deux Anglaises de Hartlepool ont véritablement semé le trouble quant à la capacité et au sérieux du chantier destinataire.

Stéphane Jézéquel
Le Télégramme - Brest - 17/01/2009

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