Eau potable. Eau Secours 29 rue dans les brancards

Galvanisée par la victoire contre Veolia dans l'affaire des fuites du Braden, l'association Eau Secours29 veut forcer l'avantage et réclame moult éclaircissements.

Alors que les premiers dédommagements arriveraient, au compte-gouttes, dans les boîtes aux lettres d'habitants du Braden victimes de fuites d'eau en 2004, l'association Eau Secours 29 lorgne cette fois vers la municipalité. Elle lui reproche de ne pas avoir obtenu, lors de la signature du précédent contrat d'affermage, en 2001, que Veolia distribue le règlement du service de l'eau à tous les abonnés. «L'article 46 stipule qu'il devait être adressé à l'occasion de la première facture», tance Édouard Ryckeboer, président de l'association. Il estime qu'il n'y a pas prescription et l'a sollicitée derechef. Dans un courrier, Bernard Poignant vient d'accéder à sa demande et informe «qu'il y sera procédé dans les meilleurs délais lors de l'envoi d'une facture».

«Le Braden a permis de comprendre des choses»

Les 25.000 abonnés quimpérois pourront donc le compulser. Pour beaucoup, il paraîtra probablement clair comme du jus de chique. «Mais il est important, reprennent les membres de l'association. Par exemple, l'article 15 indique qu'en cas de fuite dans ses installations intérieures, l'abonné de bonne foi ne se verra pas facturer plus de deux fois le montant de sa facture. L'affaire du Braden nous a permis de comprendre beaucoup de choses, dont celle-là». Et de reprocher au maire, à demi-mot, d'avoir été trop tendre dans la négociation avec Veolia. «Il y a bien de nombreuses différences de contrat selon les villes. Par exemple, à Ergué-Gabéric et Landerneau, le réducteur de pression, s'il est nécessaire, est à la charge de Veolia», remarque Yves Le Berre, l'un des quatre requérants à l'origine de la plainte contre Veolia au Braden. L'association s'apprête d'ailleurs à demander un contrat type pour toutes les communes de France.

 

L'association Eau Secours 29 reproche à la municipalité d'avoir été trop tendre lors de la signature du contrat d'affermage avec Veolia, en 2001. Elle réclame des documents. Pour l'instant en vain.

«Que le jugement soit étendu à la ville»

Autre grief à l'endroit du maire: le refus de leur faire parvenir le compte prévisionnel d'exploitation, déterminé en février 2001. «Nous voulons le voir, afin de comparer avec les bilans annuels. C'est l'exercice tout bête de la démocratie!», reprend l'association. La liste des salariés de Veolia affectés au réseau d'eau quimpérois est, de la même façon, réclamée. «Ça nous aurait permis de la relier à la masse salariale déclarée». Là encore en vain. C'est pourquoi ses membres ont saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada), qui statuera sur leur requête le 26 février prochain. En attendant, Eau Secours 29 continue à éplucher le contrat d'affermage et demande à rencontrer le maire, avec une arrière-pensée avouée: «Nous voudrions que le jugement favorable aux habitants du Braden soit étendu à toute la ville».

Thierry Charpentier
Le
Télégramme - Quimper - 17/02/2009

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