Conférence. Christian Vélot décrypte l'enjeu des OGM

Samedi 28 février, à 20h30, la salle Avel-Dro de Plozévet accueille le scientifique Chistian Vélot pour une conférence sur les OGM. Un cheval de bataille éthique pour un «donneur d'alerte» probe mais courroucé.

Pourquoi cette conférence sur les OGM?
On n'en parlera jamais assez. Et comme scientifique (*) et utilisateur de cette technologie, je peux affirmer qu'aujourd'hui encore on n'a aucune idée des conséquences sanitaires et environnementales qu'entraînerait l'usage des OGM. L'actualité du maïs génétiquement modifié de Monsanto (le MON810) témoigne des enjeux financiers qui se cachent à peine derrière le débat scientifique et les inclinations de la Commission européenne.

Pourtant, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments ne certifie-t-elle pas l'innocuité du «MON810»?
À l'origine, l'Afssa est censée mener des analyses, protéger et améliorer la santé publique, et s'en tenir à ce rôle. Depuis qu'elle est inféodée au lobby OGM, sa centaine de membres tombent tous toujours d'accord sur le sujet. Pire : ils n'hésitent plus à donner leur «intime conviction» et à contredire des études indépendantes menées par des scientifiques indépendants capables et reconnus.

Que répondez-vous à l'Association des producteurs de maïs qui assurent que l'usage du «MON810» réduit l'emploi de pesticides?
Ils ont raison ! Mais auparavant, un agriculteur pulvérisait un produit pour tuer les nuisibles. Et aujourd'hui, la céréale elle-même produit, en continu, ce pesticide ! La dose est 500 fois supérieure à l'usage de la méthode conventionnelle et la nouvelle toxine créée génétiquement n'a plus rien à voir avec le pesticide d'origine. Alors oui, le travail est facilité, mais on ignore totalement les effets de ce produit à long terme.

Finalement, à quoi servent les OGM agroalimentaires?
On nous dit vaguement que demain, ça représentera un «plus» sanitaire et alimentaire. Or, une des bases de la science est de ne pas légitimer l'usage de quelque chose en rêvant sur ce qu'elle va peut-être faire demain. Par exemple, plutôt que de mélanger des gênes de sorgho (qui a besoin de peu d'eau pour pousser) avec ceux du maïs pour en planter dans le désert, pourquoi ne pas planter simplement du sorgho? Nous avons déjà les moyens techniques de nourrir 12 milliards d'humains. Les OGM ne servent qu'à déposer des brevets sur les plantes et à enrichir quatre ou cinq grosses firmes. J'ai parfois l'impression que l'homme ne tire aucune leçon du passé et que seul le profit dirige le monde.

(*) Christian Vélot est docteur en biologie, Maître de conférences en génétique moléculaire, chercheur à l'Institut de génétique et microbiologie et membre du Conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique.

Propos recueillis par Nicolas Chaffron
Le Télégramme - Quimper - 19/02/2009

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