Radiofréquences. Y-a-t-il danger pour la santé ?

Les experts restent très partagés sur les effets éventuels pour la santé de la téléphonie mobile, au cur de la table ronde sur les radiofréquences qui se réunit à partir de jeudi à Paris.

Comme dit le biologiste Joël de Rosnay, on baigne dans "un brouillard électro-magnétique" : émetteurs de radio ou de télévision, téléphones mobiles et antennes-relais, téléphones sans fil, Wi-fi, sans oublier les lignes à haute tension, les lampes basse consommation, les plaques à induction, les fours à micro-ondes et les écrans d'ordinateurs...

Consensus autour des téléphones mobiles
Néanmoins la technologie encore nouvelle rend les certitudes difficiles à établir, comme le reconnaissait en février le comité scientifique de l'UE, demandant "de nouvelles études".
De fait un certain consensus se fait autour des téléphones mobiles, alors que la situation est très polémique autour les antennes.

 

Côté téléphones, le ministère de la Santé souligne qu'"il n'existe pas de preuve scientifique" démontrant qu'ils présentent un risque -mais "cette hypothèse ne peut être définitivement exclue".
Des études, menées dans le cadre de l'enquête Interphone sur les cancers de la tête, conduite dans 13 pays, confirment partiellement le doute. Ainsi en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves on a constaté un risque de gliome (tumeur cérébrale) "significativement accru" après utilisation d'un portable pendant 10 ans.
En Israël, on a relevé une augmentation du risque des tumeurs de la glande parotide (une des glandes salivaires).
Mais "aucun effet génotoxique n'a été mis en évidence chez l'animal", affirme le Pr Denis Zmirou.

Utiliser le kit mains libres
Le ministère de la Santé recommande en vertu du principe de précaution d'utiliser le portable "avec discernement", dans les zones où la réception est optimale, sans se déplacer et avec un kit mains libres.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno se dit favorable à l'interdiction du portable pour les jeunes enfants.

Controverses autour des antennes relais
Pour les antennes-relais, les études, plus rares, sont objets de vives controverses.
La plupart s'intéressent aux effets thermiques des ondes et affirment que les antennes de téléphonie mobile ont moins d'effet sanitaire que les antennes de radio ou de télévision -mais elles sont souvent plus proches. Si le Pr Dominique Belpomme, cancérologue, dit constater une multiplication des cancers des glandes salivaires à proximité des antennes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'y voit que "le simple fait du hasard".
"Les informations accumulées n'ont jamais montré l'existence d'effets indésirables à court ou à long terme imputables aux signaux produits par les stations de base", dit l'OMS. L'Académie de médecine renchérit: "les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables".
Pourtant, des personnes "électrohypersensibles" se plaignent de maux réels qu'elles attribuent aux antennes. "C'est psychosomatique", dit le Pr Bernard Aurengo, pour qui "la peur se vend bien".

Réévaluation des seuils d'exposition souhaitée
Souvent cité par les associations, le rapport "Bioinitiative", synthèse d'études sur tous les types de rayonnements électromagnétiques, demande une réévaluation des seuils d'exposition -que souhaitent aussi l'Agence européenne de l'environnement et le Parlement européen.
L'incertitude scientifique "doit être favorable à la protection de la santé", estime Janine Le Calvez, de l'association Priartem, rappelant que l'innocuité de l'amiante a été longtemps vantée avant que l'on ne découvre sa nocivité.
En tout cas, 80% des Français souhaiteraient une réglementation du développement des antennes-relais, selon un sondage BVA de janvier.

AFP
Site Internet - Le Télégramme - 19/04/2009

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