Triomphant. Une collision qui continue de faire des vagues

On ne connaît pas encore l'étendue des dégâts sur Le Triomphant «entré brièvement en contact» avec le sous-marin britannique Vanguard. Reste que cet accident rarissime n'a pas fini de faire des vagues.

Enquête et évaluation des dégâts ne font que commencer. Une chose est sûre: il faudra plusieurs mois pour que Le Triomphant retrouve de l'allure et reparte en mission, après être «entré brièvement en contact» avec le sous-marin britannique Vanguard. «La mission de dissuasion n'est pas remise en cause», a assuré hier la Marine.

Top secret-défense
L'accident rarissime qui a fait que deux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, se «frottent» dans les profondeurs de l'océan Atlantique, n'a pas fini de faire des vagues. La société civile, vous, moi, nous voudrions tout savoir. Mais l'on touche à un domaine où l'on est au top secret-défense, celui de la dissuasion nucléaire... Le capitaine de vaisseau, Jérôme Erulin, le patron de la communication de la Marine nationale, a assuré hier que «la permanence à la mer était assurée», ce qui signifie qu'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins peut être en permanence en patrouille à la mer. Pas de craintes donc sur le volet dissuasion, selon la Marine. La France dispose actuellement de trois SNLE si l'on compte Le Triomphant et attend pour fin 2010 la livraison du quatrième bâtiment, Le Terrible, qui doit compléter l'arsenal nucléaire français.

 

Les sous-marins sont conçus pour résister à nombre de grands chocs. Photo Marine Nationale

On ne connaît pas encore l'étendue des dégâts sur Le Triomphant, et rien ne pourra être précis tant qu'il ne sera pas passé en bassin. Ce que l'on sait: le dôme sonar du sous-marin a été endommagé lors de la collision. La Marine l'a dit clairement dès le 6février. «C'était, dit-on rue Royale, l'élément dimensionnant, et suffisant, pour que tout le monde comprenne qu'il s'était passé quelque chose de grave». La Marine ne tient pas à en dire plus.


«Tout ça c'est de la tôlerie!»
Ce que l'on sait aussi, c'est que des frottements seraient, selon de bonnes sources, visibles sur le kiosque du sous-marin. Par ailleurs, l'aileron tribord serait bien aussi endommagé. «Tout ça, c'est de la tôlerie!», commentait, hier soir, un expert en sous-marins. Il expliquait en substance que c'est un peu comme si vous abîmiez le pare-chocs de votre voiture et que vous froissiez un peu de tôle dans le même temps. Les sous-marins sont, selon cet expert, conçus pour résister à nombre de grands chocs. Or, on ne peut que constater une chose: Le Triomphant est rentré seul à l'Ile Longue après sa collision. Ce qui permet de penser que tout ce qui concerne la sécurité plongée ou la sécurité nucléaire n'a pas été touché. Et si ça avait été le cas, on en aurait entendu parler. Mais la tôlerie d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins, c'est peut-être autre chose que celle de votre petite auto. Il faudra donc bien des mois de réparation, sans doute à l'Ile Longue, pour retaper Le Triomphant.

Catherine Magueur
Le
Télégramme - France - 20/02/2009

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