Ondes. Toujours le flou sur la santé

Les ondes radio sont-elles dangereuses? A cette question qui revient périodiquement sur la table, le gouvernement veut tenter de trouver une réponse. Il réunit jeudi les acteurs sensibilisés sur ce thème.


Une cinquantaine de représentants des opérateurs de téléphonie mobile, des usagers, des collectivités locales et de l'État se rassembleront jeudi autour de la ministre de la santé Roselyne Bachelot et des secrétaires d'État Nathalie Kosciusko-Morizet (Économie numérique) et Chantal Jouanno (Écologie), à l'occasion de la table-ronde organisée par le gouvernement. Cette réunion permettra de faire le point sur les connaissances scientifiques et sur les réglementations en vigueur alors que plusieurs jugements récents demandent aux opérateurs de téléphonie mobile de démonter des antennes et que les cas de particuliers se plaignant de douleurs liées, selon eux, à l'antenne placée à proximité de leur logement, se multiplient. Les associations de défense de l'environnement, qui craignent déjà un exercice «de communication», exigent «un débat ouvert, sans tabou ni a priori d'aucune sorte».

 

Emetteurs de radio ou de télévision, téléphones mobiles, antennes-relais (ci-contre), Wi-fi, lignes à haute tension, lampes basse consommation, fours à micro-ondes... C'est un fait, nous baignons dans «un brouillard électromagnétique». Mais est-ce véritablement dangereux pour la santé? Photo Christophe Lefebvre, La Voix du Nord, PQR

Une étude menée dans 13 pays
La question de l'impact sanitaire des ondes divise les experts. Si un certain consensus se fait autour des téléphones mobiles, la situation est très polémique autour des antennes. Côté téléphones, le ministère de la Santé souligne qu'«il n'existe pas de preuve scientifique» démontrant qu'ils présentent un risque - mais «cette hypothèse ne peut être définitivement exclue». Des études, menées dans le cadre de l'enquête Interphone sur les cancers de la tête, conduite dans 13 pays, confirment ainsi partiellement le doute. Le ministère de la Santé recommande en vertu du principe de précaution d'utiliser le portable "avec discernement", dans les zones où la réception est optimale, sans se déplacer et avec un kit mains libres. La secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno se dit favorable à l'interdiction du portable pour les jeunes enfants.

«Le fait du hasard»
Pour les antennes-relais, les études, plus rares, sont objets de vives controverses. Si le Pr Dominique Belpomme, cancérologue, dit constater une multiplication des cancers des glandes salivaires à proximité des antennes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'y voit que «le simple fait du hasard». L'Académie de médecine renchérit: «Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables».

La protection de la santé face à l'incertitude
Souvent cité par les associations, le rapport "Bio initiative", synthèse d'études sur tous les types de rayonnements électromagnétiques, demande une réévaluation des seuils d'exposition - que souhaitent aussi l'Agence européenne de l'environnement et le Parlement européen. L'incertitude scientifique «doit être favorable à la protection de la santé», estime Janine Le Calvez, de l'association Priartem, rappelant que l'innocuité de l'amiante a été longtemps vantée avant que l'on ne découvre sa nocivité. Après le 23 avril, plusieurs réunions de groupes de travail sont prévues qui devront déboucher sur une deuxième table ronde à la fin du mois de mai.

Le Télégramme - France - 21/04/2009

retour page "Presse"

retour page d'accueil