Déforestation. Greenpeace en inspection dans les magasins

Des militants de Greenpeace se sont rendus hier dans deux magasins brestois, d'ameublement et de bricolage, afin de vérifier l'origine des bois vendus dans ces établissements.

«J'ai bien fait attention à l'étiquette et j'ai acheté du pin», répond une cliente de Maisons du monde, interrogée, hier après-midi, par les militants locaux de Greenpeace venus inspecter les produits bois de l'enseigne de la rue Jean-Jaurès.

Un gorille en inspection
Sur un ton badin, l'un des militants étant déguisé en gorille, les «inspecteurs» s'enquièrent de savoir d'où viennent les bois des meubles vendus dans le magasin. «Est-ce qu'il y a du bois venant de la forêt de Monsieur le gorille?». La gérante, pour toute réponse, présente aux visiteurs la charte du magasin qui veut que, quand un arbre est coupé, dix sont replantés. Mais refuse d'accéder à la demande de Greenpeace qui souhaite pouvoir regarder les étiquettes. «En Indonésie, il faut le feu vert du gouvernement pour couper un arbre, c'est très encadré. Nos meubles sont tamponnés pour en certifier l'origine», ajoute-t-elle. Une réponse qui n'a pas convaincu les militants. «La charte, c'est du greenwashing, qui permet de se racheter une conscience verte. Nous étions déjà venues dans le magasin, et nous n'avons pas retrouvé l'origine du bois de tous les meubles. Nous reviendrons vérifier les nouveaux produits en rayon», explique Barbara Philip du groupe local Greenpeace de Brest. Direction ensuite Brico Dépôt, boulevard de Plymouth. Durant trente minutes les militants sont autorisés à informer les clients et à montrer les différentes origines de bois, celles qu'il faut éviter et celles qu'il faut privilégier portant le label FSC, seul label de gestion durable des forêts reconnu crédible par les ONG.

 

Les militants de Greenpeace ont inspecté hier deux enseignes vendant des produits bois : Maisons du monde (ci-contre) et Brico Dépôt, boulevard de Plymouth.

Les essences à fuir
Méranti, okoumé du Congo, acajou, teck ou palissandre sont les noms d'essences de bois à fuir si l'on veut prendre soin de la planète. Mais ces précisions ne figurent pas toujours sur les étiquettes des produits en magasins. Greenpeace exige des distributeurs qu'ils affichent l'origine de leurs produits et bannissent le bois illégal. «Le bois illégal est l'un des moteurs de la destruction des forêts en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Indonésie. De 20 à 40% du bois qui entre sur le marché européen est d'origine illégale, c'est-à-dire coupé en dehors des règles, sans égard pour les hommes et la biodiversité des forêts. Et il ne faut pas oublier que la déforestation et le changement climatique sont liés. Il est préférable toujours d'acheter du bois local».

Le Télégramme - Brest - 22/03/2009

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