Winner. Déconstruction à Brest

L'un des plus célèbres «navires-poubelles» de Brest devrait être fixé sur son sort dans quelques jours. Le Winner sera déconstruit dans l'arsenal.

Comme celle de son voisin le Junior, la carcasse rouillée du Winner fait tache dans l'embouchure de la Penfeld. Elle ne devrait plus polluer la vue des touristes et des marins d'ici quelques mois. En effet, sa démolition doit intervenir sous peu, à en croire la Marine nationale qui envisage de «prêter» le bassin4, au fond de l'arsenal militaire, à celui qui sera chargé de récupérer la ferraille. Le nom du responsable du chantier n'est pas encore connu. Seule certitude, plusieurs groupes ont été contactés, dont la société Veolia et le groupe Guyot, qui devrait visiter l'épave dans quelques jours. La démolition proprement dite va durer environ une année. On pourra alors réellement parler d'épilogue pour l'un des plus fameux faits-divers maritimes qu'ait connus la cité du Ponant.

 

L'industriel chargé du chantier n'a pas encore été choisi. Les travaux de démolition ne devraient pas être effectifs avant le début d'année 2010.

Arraisonné en juin 2002
Le Winner, battant pavillon cambodgien, avait été arraisonné en juin 2002 par des commandos Marine, au large des Canaries; il était soupçonné d'abriter près de deux tonnes de cocaïne. Mais, avant d'être stoppé, l'équipage avait apparemment eu le temps de se débarrasser de la majeure partie de l'encombrante cargaison. «Seulement» 90 kg avaient finalement été mis au jour lors de la fouille du cargo, dans l'enceinte du port militaire. Suite à l'information judiciaire alors ouverte, plusieurs membres de l'équipage seront condamnés. Peu après, neuf d'entre eux porteront plainte devant la Cour européenne des Droits de l'Homme, pour avoir été «détenus arbitrairement durant 13 jours sur le bateau» avant d'être transférés à terre et, seulement à ce moment-là, présentés à un juge. En juillet 2008, la cour leur a donné raison, estimant que la justice française avait outrepassé ses droits. Un appel est en cours. Depuis 2006, le Winner est propriété de l'État, via son service des Domaines. Les différents travaux destinés à le maintenir à flot (assèchement, vidange,etc.) ont déjà coûté des centaines de milliers d'euros.


Le Télégramme - Brest - 22/05/2009

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