Conférence. Où il y a des OGM il n'y a pas de plaisir

Christian Vélot, spécialiste des OGM, sera samedi à Plozévet. Invité par le collectif «Alerte à l'Ouest», qui a déjà rencontré 25 maires de l'Ouest Cornouaille, il apportera un éclairage engagé sur un dossier plein d'inconnues.

Vu de loin, l'OGM peut faire valoir quelques atouts. Argument développé par certains, les OGM permettraient d'apporter une réponse à la faim dans le monde. Certains gourmands pourraient aussi imaginer transformer les brocolis en pommes de terre ou élever des cochons qui n'aient que des jambons. Argument plus sérieux, surtout développé par les multinationales qui les produisent, un maïs OGM permettrait de réduire la quantité de pesticides nécessaires à la culture. «Complètement faux», répondent en choeur les membres du collectif «Alerte à l'Ouest», né en mai 2008 sur le territoire du Cap-Sizun et du Haut Pays bigouden. Un collectif qui a invité le scientifique Christian Vélot à s'exprimer sur le sujet, samedi à Plozévet. «La plante est en fait résistante aux pesticides, ce qui permet de traiter un champ en étant assuré que tout disparaisse, sauf le maïs. Mais comme cette plante est résistante, il faut augmenter les doses le jour où on veut s'en débarrasser. Et puis, certains OGM ont un gène qui secrète des pesticides. Au final, les concentrations dans les produits qui partent à l'alimentation sont énormes, sans qu'on sache vraiment quelles peuvent être les conséquences sur la santé», explique Henri Peuziat, retraité de l'agriculture installé à Plouhinec.

25 maires rencontrés
Si le collectif assure ne «pas être contre des essais à des fins thérapeutiques ou médicales», il s'oppose aux cultures en plein champ. «Le risque de dissémination est trop grand, poursuit Yves Maiche, membre du collectif habitant Mahalon. Par exemple, un agriculteur bio dont la culture serait contaminée par des OGM ne pourrait plus vendre sa production en tant que bio, alors qu'il n'est absolument pas responsable de la présence d'OGM sur son champ. Comme aux États-Unis, on va vers des procès entre agriculteurs». Dans ce cas, se pose le problème de la responsabilité juridique, la culture OGM n'étant, selon la loi de juin 2008 cependant placée sous le coup d'un moratoire, soumise qu'à une simple déclaration en mairie. Ces maires, les membres du collectif sont allés à leur rencontre sur le territoire du Cap-Sizun et du Haut Pays bigouden. Le but, leur demander de prendre position contre les OGM, si ce n'est d'interdire toute culture sur leur territoire. «On a rencontré à peu près 25 élus, poursuit Yves Maiche. Ils nous ont écoutés, mais on sent qu'il y a un manque d'information et que personne n'est capable de prendre de décision à ce sujet. Et comme il y a un moratoire qui empêche pour l'instant toute culture OGM, ils ne se sentent pas vraiment concernés». C'est pour pallier à ce manque d'information des élus, du grand public mais aussi des agriculteurs, que le collectif, dont les membres se veulent des «lanceurs d'alerte», a invité Christian Velot, à s'exprimer. Un scientifique qui, chiffres et exemples à l'appui, viendra éclairer d'une toute autre manière les participants sur la réalité des produits qu'ils consomment au quotidien. Une réalité qui peut être pessimiste, mais dont les conclusions pourraient aussi être, c'est du moins ce qu'espère le collectif, salvatrices.
Pratique Conférence de Christian Vélot, samedi, à la salle Avel Dro à Plozévet, à 20h30, entrée gratuite.

Marc Revel
Le Télégramme - Pont-L'Abbé - 23/02/2009

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