Algues vertes. Les citoyens invités à porter plainte

Pour sortir de la pollution par les algues vertes et relancer le débat sur le retour à une agriculture de qualité, plusieurs associations invitent les citoyens à porter plainte contre l'Etat.

Marre de lutter contre les algues vertes ! «Ça fait quarante ans que la fuite en avant de l'agriculture productiviste nous mène dans le mur. Mais on n'est pas fatigués. Au contraire, nous sommes pleins d'énergie !», avertit en substance Denis Baulier, qui a mené et remporté dans le Trégor une «Opération Nénuphar» pour la reconquête de la qualité de l'eau.
Avec lui, Yves-Marie Le Lay, président de «Sauvegarde du Trégor», André Ollivro, fondateur de «Halte aux marées vertes», André Pochon, ancien agriculteur et infatigable militant d'une agriculture plus «intelligente», lancent un «manifeste pour sortir de la pollution en Bretagne».

 

50.000 tonnes d'algues vertes sont ramassées chaque année en Bretagne, dont la moitié en baie de Saint-Brieuc. Photo R.V.

«Ne plus gérer la pollution mais l'éliminer»
Directement issues des excès de nitrates employés en agriculture, 50.000 tonnes d'algues vertes sont ramassées chaque année en Bretagne, dont la moitié en baie de Saint-Brieuc. Selon les associations réunies hier à La Grandville, à Hillion, leur élimination aurait déjà coûté un milliard d'euros à la région. La pollution des cours d'eau a entraîné la fermeture de captages, mais les subventions continuent «d'arroser les cultures les plus assoiffées d'engrais chimiques, de pesticides et d'eau».
«Nous ne voulons plus gérer la pollution, mais l'éliminer. Il est temps de siffler la fin de la partie et de passer à une étape plus contraignante», assène Denis Baulier.

Rassemblement le 27 septembre
Plusieurs associations et collectifs (Halte aux marées vertes, Vivarmor, De la source à la mer, Sauvegarde du Trégor, CANE, AE2D) appellent le public à porter plainte contre l'État «qui ne fait pas respecter la réglementation nationale et européenne pour le droit des citoyens à une eau de qualité».
Le 27 septembre, à La Grandville, le public sera invité à signer des plaintes toutes préparées pour obtenir réparation «d'un préjudice moral et financier, puisque ce sont nos impôts qui financent le traitement des algues». La réunion sera festive, comme toujours, et le comédien Jean Kergrist y mettra son grain de sel.

Roselyne Veissid
Le Télégramme - Bretagne - 23/07/2009

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